Thibaut Mallecourt - Les petits Frenchies

« Avoir ma fille est devenu une raison de plus de travailler et c’est la meilleure des raisons. »

A 30 ans, Thibaut est l’heureux fondateur du site Les Petits Frenchies, une plateforme dédiée aux marques françaises. Après le webmagazine, la team LPF a lancé son e-shop en début d’année et fédère déjà une grande communauté de french lovers.

Tu as 30 ans, Les Petits Frenchies est la seconde entreprise que tu développes, tu es un vrai challenger ?

Oui, j’ai toujours eu cette envie d’entreprendre. J’ai aligné pas mal de projets sur des bouts de papiers pendant mes études ! Mais je n’avais ni le bon projet, ni la maturité. Je suis fasciné par les jeunes de 18 ans qui montent leur boîte. Moi, à 18 ans, j’étais pas un gros bosseur, j’étais du genre « doit faire ses preuves à l’examen » !

Quelles études as-tu suivies ?

J’ai fait un an de prépa Maths Sup à Paris mais ça ne m’a pas plu. Je suis redescendu à Lyon pour faire un IUT GEA (Gestion des entreprises et des administrations). J’ai ensuite fait une licence à Londres pendant un an, puis j’ai passé deux ans à Sup de Co Marseille où j’ai terminé mes études avec un Master spécialisé Entreprenariat à Lyon.

Tu as développé ton premier projet pendant tes études ?

Oui, j’ai lancé un premier projet en dernière année. Ça s’appelait Sowetrip, c’était une application mobile qui proposait des voyages communautaires. Au départ, ça n’avait qu’un but pédagogique mais comme ça s’est bien passé et qu’on était très dynamiques, on a créé une société. On a développé le business pendant 2 ans et demi, on a levé des fonds et au final j’ai revendu la société à Easy Voyage, un gros industriel. Ils ont racheté la boîte – et moi avec ! J’y suis resté un peu moins de 2 ans pendant lesquels j’étais en charge de la stratégie mobile et sociale. Et j’ai lancé Les Petits Frenchies en parallèle.

 J’avais plusieurs blogs que j’animais les soirs et les week- ends.

C’était d’abord un blog, c’est ça ?

Oui, à l’époque j’avais plusieurs blogs que j’animais les soirs et les week- ends parce que comme j’étais salarié, j’avais besoin d’avoir mon truc à moi. J’ai eu un blog qui s’appelait « Homme Heureux », où je répertoriais des produits sympas pour hommes. Ensuite j’ai lancé « Rendre un homme heureux », puis « Rendre une femme heureuse », sur le thème des cadeaux ; le dernier de la série s’est appelé « Start-up mon amour ». Et en fait en prenant tout ça, ce qui en ressortait c’était l’entreprenariat français et les chouettes projets. J’ai donc fusionné tous ces blogs en créant Les Petits Frenchies.

Dès le début, j’ai eu une vision économique de la chose.

Quelle était ton idée de départ ?

Je suis parti d’un constat qui était qu’en France il y a aujourd’hui une génération qui en veut, qui a plein d’idées, beaucoup de motivation et qui aime travailler. Donc, dans un premier temps, l’ambition du blog était de donner de la visibilité à tous ces gens, puis de lancer une approche e-commerce. Dès le début, j’ai eu une vision économique de la chose.

Boutique Les Petits Frenchies

Comment as-tu réussi à t’organiser pour cumuler ton travail de salarié et le blog ?

Je rencontrais les gens pendant ma pause déjeuner, je travaillais aussi avec des stagaires ou des rédacteurs à distance. Il fallait vraiment créer du contenu avant de pouvoir vendre des produits.

Comment as-tu fais connaître Les Petits Frenchies ?

On a lancé le blog en novembre 2012 et on a eu de la chance parce que le lendemain du lancement, on était dans la newsletter de Nelly Rodi, un bureau de tendance parisien. À partir de ce jour-là, on a été contactés par 10 marques par jour environ, qui voulaient être présentes sur le site.

On a lancé la boutique en ligne en mars 2014.

Comment s’est ensuite développée la marque ?

Philippine, qui est aujourd’hui mon bras droit, m’a rejoint en mars. Et moi, j’ai intégré Les Petits Frenchies à temps complet en Octobre 2013. Je voulais vraiment partir d’Easy Voyage en bons termes, donc j’ai essayé de bien faire les choses. On a lancé la boutique en ligne en mars 2014.

Tu as dû lever des fonds ?

Oui, j’ai fait une levée de fonds de 300 000 euros en début d’année. J’avais d’abord convaincu les investisseurs de mettre 75 000 euros, le temps que j’intègre le projet à plein temps. Si ça fonctionnait, ils mettraient le reste. Ça a fonctionné.

Thibaut Mallecourt - Les petits Frenchies

Comment sélectionnez-vous les marques ?

Chaque semaine on passe en revue celles qui nous ont contactés plus une sélection que l’on fait de notre côté et on essaie d’être objectifs. On pense sentir un peu les tendances, ce qui nous amène à privilégier les produits dans lesquels on a confiance. On regarde aussi si le projet est viable, et bien sûr il faut que ce soit une marque française, même si tous les produits ne sont pas Made in France.

Le webmagazine ne met en avant que les marques que vous vendez ?

Oui, on met en avant les marques dont on vend les produits. S’il y a des ventes, c’est parfait pour nous et pour la marque, on prend une commission sur les produits vendus sur l’e-shop et ensuite c’est la marque qui expédie. Nous, on n’a pas de logistique.

Quand ils me disent que c’est un plaisir pour eux de se lever le matin et de venir au boulot, c’est ma première satisfaction de chef d’entreprise.

Vous êtes combien aujourd’hui chez Les Petits Frenchies ?

On est 12 et tout le monde est vraiment content de venir travailler. Quand ils me disent que c’est un plaisir pour eux de se lever le matin et de venir au boulot, c’est ma première satisfaction de chef d’entreprise. C’est une première réussite.

Carnets - Les petits Frenchies

Quel est ton quotidien ?

Je passe beaucoup de temps au showroom pour recevoir les marques et je travaille sur les aspects plus stratégiques et financiers. C’est hyper stimulant d’être aussi en contact avec tous les entrepreneurs qu’on met en avant et qui sont passionnés comme moi. Finalement, ça crée un éco-système de malade, on se fédère, c’est un win/win hyper puissant.

J’ai vraiment découvert qu’entreprendre me plaisait dans la façon de travailler avec Sowetrip. A partir de ce moment-là, je n’ai jamais plus eu l’impression de travailler, c’est resté du plaisir. Je ne suis pas passionné de foot ou de rugby mais je suis passionné par ça !

Avoir ma fille est devenu une raison de plus de travailler et c’est la meilleure des raisons.

Tu as des enfants ?

Oui j’ai eu une petite fille en début d’année, donc je m’organise pour pouvoir la voir tous les jours, même si 99 % du temps je me remets à travailler quand elle est couchée !
Et c’est marrant mais je me suis rendu compte en ayant un enfant que l’entreprenariat c’était finalement assez auto-centré, ça tourne quand même pas mal autour de la réussite personnelle, même si tu emmènes une équipe… Et d’avoir ma fille est devenu une raison de plus de travailler ! C’est la meilleure des raisons…

Comment tu te sens aujourd’hui dans ce projet ?

C’est canon, ça colle à la vision que j’en avais ! Comme on a un peu le vent en poupe, on est sollicités pour plein de choses. Il faut donc faire des choix pour bien se positionner. J’ai vraiment une super équipe à qui je dois beaucoup.Mais pour moi, le plus kiffant dans tout ça c’est de réussir à créer une marque, à fédérer et en plus transmettre certaines valeurs qui correspondent aux miennes. Quand en plus ça fonctionne, c’est le pied absolu.

 

Une devise : Fais un travail que tu aimes et tu n’auras jamais l’impression de travailler.

Un allié : Ma famille et mon équipe.

Un coup dur : Me séparer d’une marque pour des soucis logistiques.

Un coup de chance : Tous les jours. Il en faut un peu parce que parfois le travail ne suffit pas.

Un conseil : Il faut trouver le projet qui nous correspond, avoir une vision, et faire tout ça à fond.

 

www.petitsfrenchies.com

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