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« On aime ce qu’on fait, on ne le subit pas, ça fait partie de nous. »

Il y a trois ans, Julia et Tamia ont quitté leur job, respectivement dans la finance et l’urbanisme. Cinq mois et un bébé plus tard, elles montaient leur boîte et lançaient la Thé Box. Depuis, leurs coffrets « tea time » expédiés à domicile connaissent un grand succès et elles, assurent.

Où avez-vous grandi ?

On a grandi toutes les deux à Paris, presque dans le même quartier, même si on ne se connaissait pas à l’époque.

Comment vous êtes-vous rencontrées ?

On s’est rencontrées plus tard, on a été présentées par de très bons amis qu’on avait en commun, il y a 6 ans.

Quelles études avez-vous suivies ?

Tamia : Moi, j’ai fait Sciences Po, l’Essec, puis des études d’urbanisme. Je suis devenue chef de projet urbain.

Julia : J’ai étudié les maths appliquées pour entrer dans la finance, puis j’ai travaillé dans ce secteur, pour une banque américaine, pendant presque 5 ans.

Quand on a eu cette idée, on n’a pas dormi pendant 3 jours, on était convaincues que c’était une bonne idée et qu’il fallait qu’on le fasse au plus vite !

Comment vous est venue l’idée de la Thé Box ?

Tamia : D’abord, 3 ans avant de monter la Thé Box, on s’est retrouvées à discuter toutes les deux un soir de fête, assises par terre. On se disait : «Ce serait tellement bien qu’on monte notre boîte, qu’on soit indépendantes ». Donc on avait déjà l’envie de développer un projet ensemble.

Julia : Peu de temps après, on s’est dit qu’il y avait un truc à faire avec les Box à domicile qui commençaient à bien marcher. On adorait le concept, et en tant que fan de thé, on s’est dit que le produit se prêtait vraiment à ça, car c’est un produit non périssable, pas très lourd, et que beaucoup de gens aiment.

Tamia : Quand on a eu cette idée, on n’a pas dormi pendant 3 jours, on était convaincues que c’était une bonne idée et qu’il fallait qu’on le fasse au plus vite ! Ça tombait bien, le contrat de Julia se terminait et moi je venais de négocier une rupture conventionnelle. Donc 3 jours après avoir eu l’idée, on a commencé à travailler dessus.

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Pourquoi aviez-vous décidé de quitter vos jobs ?

Tamia : Au départ, on a quitté nos jobs pour des raisons qui n’étaient pas liées au projet. De mon côté, ça faisait 5 ans que je travaillais pour la même boîte, je venais d’accoucher, je bossais beaucoup et hyper loin de chez moi, donc je me suis dit que c’était le moment de changer un peu.

Julia : Moi c’est plutôt la crise financière/de 2008 qui a bouleversé pas mal de choses dans l’univers de la banque… C’était un univers déprimant, les gens étaient au bout du rouleau et c’était épuisant moralement. Puis c’était un rythme de vie qui ne me convenait pas à long terme. Je me voyais mal construire une vie dans cet univers-là.

Quel âge aviez-vous ?

28 et 29 ans.

Comment le projet s’est-il concrétisé ?

On a bossé sur le projet Thé Box pendant 4 mois, en mode tunnel. On faisait tout : la création de la première box, le site internet, l’identité visuelle… Puis il fallait aussi démarcher toutes les marques que l’on ne connaissait pas forcément. On était à fond !

Non, au contraire, avoir un enfant, ça donne des ailes, ça donne de l’énergie.

Tamia, tu venais d’avoir un enfant, c’était pas un peu compliqué à gérer ?

Tamia : Non, au contraire, avoir un enfant, ça donne des ailes, ça donne de l’énergie.

Vous travailliez où ?

Julia : On travaillait l’une chez l’autre, et pas mal au café de l’Etoile. On a vraiment commencé de façon artisanale !

Combien avez-vous dû investir ?

Tamia : On avait besoin de 10 000 euros, ce n’était pas un investissement faramineux, donc on n’a pas eu besoin de faire appel aux banques. On avait besoin d’un peu d’argent, donc on s’est tournées vers la famille et on a investi nos propres économies.

On voulait une petite structure à nous, pour pouvoir se faire la main et voir comment ça fonctionnait. On était amatrices de thé mais pas professionnelles, et créer une box, c’est beaucoup de logistique et d’aspects qu’on ne connaît pas forcément. On voulait commencer tranquillement avant de faire appel à quelqu’un d’extérieur.

Comment vous êtes-vous organisées ?

Tamia : On est toutes les deux parties de zéro, donc on s’est réparties les tâches progressivement quand on a commencé à comprendre nos besoins. Comme tout était très neuf pour nous, au début, on faisait tout à deux. Maintenant, progressivement, Julia s’occupe plus des échanges, de la relation client et du travail avec les marques, et moi de la dimension back office, communication et réseaux sociaux. Côté saveurs, ambiance, direction artistique, on créé tous les coffrets en duo.

On a vendu toutes nos Box en quelques jours. C’était une vraie satisfaction et un moment super exaltant.

Comment s’est passé le lancement ?

Julia : On a lancé notre première Thé Box il y a 2 ans, le 20 juin 2012. Quand tu bosses non stop et que d’un coup il faut se montrer au grand public, c’est assez énorme. Tu es dans ton petit bureau sur ton ordinateur et tu vois ta première commande, c’est super exaltant.

Tamia : Ensuite, on a fait notre premier communiqué de presse et sans qu’on s’y attende, on a eu des appels de plein de médias, dont le magazine Elle par exemple. On a vendu toutes nos Box en quelques jours. C’était une vraie satisfaction et un moment super exaltant.

Qu’est-ce qui fait l’originalité de votre box ?

Julia : On n’a pas commencé sur un produit moyen, on s’est tout de suite dit : « On veut un truc hyper chic, avec un vrai coffret, un bel objet poétique ». On voulait vraiment faire quelque chose de qualité et je pense que c’est ce qui fait qu’on se démarque des autres aujourd’hui.

Depuis le début, on fignole chaque détail et on choisit les produits avec soin. Le coffret contient une sélection de thés bien sûr, mais aussi un petit livret pour transmettre les valeurs du thé, des cartes postales, de petits accompagnements… Tous les mois, on propose une box correspondant à un nouvel univers.

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Vous avez connu le succès dès le début ?

Tamia : Oui, on a eu beaucoup de chance, on a connu un succès très rapide auprès de la communauté des « Tea Lovers » qui s’est tout de suite intéressée à la Box. Les gens ont commencé à adhérer avec le bouche-à-oreille, et tous les mécanismes se sont enclenchés assez rapidement.

Quand tu fais les choses toi-même et mets les mains dans le cambouis au départ, après tu sais de quoi tu parles.

Comment avez-vous réussi à gérer la logistique face à autant de commandes ?

Tamia : Au début, on n’avait pas encore vraiment mis en place toute la logistique et on n’imaginait pas qu’on allait devoir en livrer autant tout de suite ! Donc on n’a pas dormi pendant un mois… On passait notre temps à préparer nous-mêmes toutes les box, à envoyer des colis, à faire des allers-retours à la Poste. C’était génial, un début très start-up « à la main ».

Julia : Cette période et cette expérience nous ont permis de bien comprendre comment ça fonctionnait. Quand tu fais les choses toi-même et mets les mains dans le cambouis au départ, après tu sais de quoi tu parles. Tu es plus crédible face à un prestataire ou un salarié.

Avez-vous été soutenues par votre entourage ?

Tamia : Oui, dès le début, on a été très encouragées et entourées. C’est le premier projet que je monte, et je me suis rendu compte à quel point les gens étaient à fond derrière nous, à nous soutenir et nous conseiller. C’est une énergie autour de toi qui est très puissante.

Julia : On a été très épaulées. C’est un émerveillement de voir tes proches présents au premier coup de fil. C’est vraiment quelque chose qui nous a bluffées et auquel on ne s’attendait pas forcément. Voir toute cette énergie positive quand tu te lances, ça a été une très belle leçon, qu’on essaye de reproduire avec toutes les personnes qui veulent se lancer à leur tour.

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Quelle image avez-vous de l’entreprenariat ?

C’est vrai qu’avant de lancer la Thé Box, on a beaucoup entendu que c’était difficile d’entreprendre en France et finalement nous, on a un point de vue très différent. Bien sûr, on a eu beaucoup de soutien et le concept a pris très vite, mais c’est vraiment jouable de se lancer. Certes, il y a des enjeux financiers, mais pas non plus des obstacles. Administrativement, ça n’a pas non plus été l’enfer, et il y a quand même beaucoup de dispositifs en France pour t’aider. C’est dommage que les gens soient si pessimistes.

Aujourd’hui, l’entreprise se porte bien ?

Tamia : Ça se passe toujours aussi bien ! Je n’ai pas vu passer ces deux années. Côté structure, nous avons 2 salariés et côté clients, nous avons de plus en plus d’abonnés, même si on vend aussi beaucoup à l’unité sur notre e-shop.

Julia : Aujourd’hui on grandit et on mûrit encore. On se rapproche de plus en plus de la Box « parfaite », celle dont on rêve depuis le début. On y arrive petit à petit… Maintenant, l’enjeu, c’est de nous dégager du temps pour se développer sur d’autres marchés et structurer l’entreprise.

Tamia : Aujourd’hui, on est vraiment sorties de la phase start-up. On s’organise pour pouvoir se développer et continuer à s’amuser.

Dans un milieu professionnel classique, quand tu es salarié, tu as le travail d’un côté et la vie personnelle de l’autre. Nous, ça n’est pas notre choix, les deux se croisent et c’est mieux comme ça.

Quel est votre quotidien ?

Tamia : Je dirais que pour nous, la Thé Box, c’est quand même assez flexible. On a un rythme très soutenu mais ça rentre vraiment dans notre quotidien. On travaille au bureau, parfois chez nous, il n’y a pas vraiment de frontière entre les deux. Dans un milieu professionnel classique, quand tu es salarié, tu as le travail d’un côté et la vie personnelle de l’autre. Nous, ça n’est pas notre choix, les deux se croisent et c’est mieux comme ça.

Julia : Tamia a accouché il y a 2 mois, elle m’envoyait des mails en arrivant à la maternité ! Mais on aime ce qu’on fait, on ne le subit pas, ça fait partie de nous.

 

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