Il y a quelques mois, Berlin était qualifiée par plusieurs médias de « future capitale des start-up ». La ville des artistes et de l’underground allait-elle vraiment devenir la nouvelle Silicon Valley de l’Europe ? Intriguée par cette nouvelle énergie, je suis partie quelques jours dans la capitale du cool à la rencontre de jeunes entrepreneurs. Je suis presque rassurée, Berlin n’a rien perdu de son goût pour la fête et la vie y est toujours aussi douce. Capitale des start-up ou pas, il semble que cette ville soit un bon choix pour oser, essayer et faire.

Maria Corvera Vargas est bolivienne. Débarquée à Berlin à l’âge de 12 ans avec sa famille, elle a tout de suite pris ses marques dans la ville qu’elle qualifie aujourd’hui de « home ». Pourtant elle garde un lien permanent avec la Bolivie, notamment grâce à la mode et à la marque qu’elle développe, Corvera Vargas.

J’ai toujours confectionné des vêtements que je vendais à droite, à gauche, mais je n’avais aucun projet, je vivais au jour le jour.

Si elle est aujourd’hui à l’aise avec l’idée d’avoir sa propre enseigne, il aura fallu des années à Maria avant de prendre la mode au sérieux. « J’ai toujours confectionné des vêtements que je vendais à droite, à gauche, mais c’était vraiment pour le fun. Je n’avais aucun projet, je vivais au jour le jour. » C’est après plusieurs expériences pour différents labels, qu’elle décide de se lancer en 2014 avec la volonté de développer une marque équitable en partenariat avec des producteurs boliviens. « Je suis partie là-bas pendant trois mois à la recherche des meilleurs collaborateurs et ça n’a pas été simple ! Je me suis très souvent perdue dans les méandres de la Paz… » Finalement, elle trouve un couple parfait en qui elle a confiance et des coopératives avec qui travailler l’alpaga. « C’est un rythme artisanal car ils ne peuvent faire qu’un seul pull ou gilet par jour. Mais c’est très important pour moi de garder cette dimension éthique. »

La marque reverse l’intégralité des bénéfices de ces collaborations aux locaux et développe en parallèle l’essentiel de la collection, fabriquée à Berlin dans l’arrière boutique. Maria et Anike travaillent ensemble le design mais aussi la communication, la couture, le choix des tissus et les ventes. « C’est génial pour nous d’être dans ce quartier où la vie est douce. À Berlin, la vie est cool et plus lente que dans les autres villes d’Europe. On peut prendre le temps de fabriquer et de coudre mais aussi de discuter avec nos voisins. »

C’est génial pour nous d’être dans ce quartier où la vie est douce. À Berlin, la vie est cool et plus lente que dans les autres villes d’Europe.

www.corveravargas.com

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Interview & Photos : Marie Ouvrard