Il y a quelques mois, Berlin était qualifiée par plusieurs médias de « future capitale des start-up ». La ville des artistes et de l’underground allait-elle vraiment devenir la nouvelle Silicon Valley de l’Europe ? Intriguée par cette nouvelle énergie, je suis partie quelques jours dans la capitale du cool à la rencontre de jeunes entrepreneurs. Je suis presque rassurée, Berlin n’a rien perdu de son goût pour la fête et la vie y est toujours aussi douce. Capitale des start-up ou pas, il semble que cette ville soit un bon choix pour oser, essayer et faire.

En préparant mon séjour à Berlin, je suis tombée sur des photos du general store au nom imprononçable de Hallesches Haus dans le quartier de Kreuzberg. J’ai tout de suite pris rendez-vous avec Jillian, l’une des trois co-fondateurs. En arrivant sur place, j’ai découvert un lieu immense et authentique, plein de trentenaires concentrés sur leur Mac, de poussettes et de bandes de potes réunies ici le temps d’un lunch quinoa – banana bread. C’est l’idée que se sont fait Jillian, Oliver et Michelle d’un general store. « C’est un concept qui vient des US. C’est l’idée du vieux magasin où les gens venaient acheter les produits de la vie courante. Comme c‘était souvent la seule boutique de la ville, c’était aussi un lieu de rencontres et d’échanges. On voulait avoir ce truc où les gens peuvent venir quand ils veulent, discuter entre eux et voir revenir des habitués… »

On voulait avoir ce truc où les gens peuvent venir quand ils veulent, discuter entre eux et voir revenir des habitués

Aujourd’hui, le lieu est vivant et chaleureux mais il y a encore deux ans, le bâtiment abritait un vieux night club défraîchi. Les trois fondateurs travaillent alors ensemble pour Monoqi, une boutique en ligne de design et ont des envies de liberté. « On était super excités à l’idée d’avoir un espace à nous et de pouvoir choisir les objets et les toucher, s’asseoir sur nos chaises… Ce qui est complètement différent de notre expérience précédente puisqu’on vendait des objets en ligne que l’on avait parfois jamais eu entre les mains. »

Grâce à une belle rencontre, ils achètent les lieux. Le potentiel est énorme car l’espace est bien situé mais il y a huit mois de travaux ! Ils les font eux-mêmes et appellent leurs amis à la rescousse quand, à deux semaines de l’ouverture, ils se rendent compte qu’ils ne seront jamais prêts. Heureusement, les choses ont été pensées étape par étape. « On a fait les choses en deux temps en ouvrant d’abord une seule partie de l’espace consacré à la boutique et on cuisinait dans un foodtruck dans la cour ! Comme on cuisinait nous-mêmes, ça nous a permis d’apprendre au fur et à mesure. » Aujourd’hui, les associés ont une quinzaine d’employés et ont multiplié leurs activités. Seule Berlin pouvait leur permettre de réaliser ce projet. « Nous sommes tous les trois étrangers (Jillian et Michelle sont américaines et Olivier est anglais, nldr) et c’est vrai que Berlin est une ville dans laquelle ouvrir un lieu comme ça est possible car les loyers sont peu chers et donc les risques moins importants. On n’aurait pas pu le faire ailleurs. »

Berlin est une ville dans laquelle ouvrir un lieu comme ça est possible (…) On n’aurait pas pu le faire ailleurs.

www.hallescheshaus.com

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Interview & Photos : Marie Ouvrard