Lorsque, il y a deux ans, nous avions rencontré Marie Courroy, à la tête de Modetrotter, cette passionnée de mode pensait déjà à transformer son site multi-marques en une marque unique produisant ses propres collections. C’est désormais chose faite. La transition a apporté son lot de doutes, de restructurations et d’excitation, ainsi que des embauches et un déménagement. Beaucoup de changements, et Marie continue à s’amuser et à jouir de sa liberté.

Que s’est-il passé pour toi depuis notre dernière interview ?

Une vie! Nous avons lancé la marque en propre en mars 2016, il y a donc quatorze mois : on sait marcher! On lancera notre sixième collection début juin et entre temps nous avons fait des collaborations – en cours ou à venir – avec : les Galeries Lafayette, le BHV, Veja, Benjamin Biolay, K-Way, le Monde Sauvage, Mathilde Cabanas…On a travaillé comme des malades, on a apprit beaucoup de choses, parfois à nos dépends mais souvent en rigolant. C’est passionnant d’aller de l’avant.

Nous avons lancé la marque en propre en mars 2016. On a travaillé comme des malades, on a apprit beaucoup de choses, parfois à nos dépends mais souvent en rigolant. C’est passionnant d’aller de l’avant.

Quelles ont été les grandes étapes de ce changement ?

On déménage dans un palace (enfin un nouveau bureau) à la fin du mois de mai. Ça, c’est une véritable étape pour nous car ça marque le début d’une nouvelle aventure et de nombreux autres projets. Les nouvelles embauches sont importantes aussi, c’est une nouvelle organisation à questionner, à mettre en place car désormais, nous sommes six : trois personnes à temps plein, deux stagiaires, et moi. Cela peut sembler n’être que des « minis étapes » mais c’est notre façon de grandir pas après pas.

Tu as transformé Modetrotter en abandonnant le concept « multi-marque » au profit d’une marque unique, comment la transition s’est-elle faite ?

En fait, j’en avais marre de vendre les marques des autres. Je veux être responsable à 100% de ce que je vends: quand c’est bien on est contentes et s’il y a un soucis, nous l’assumons. Je peux aussi assumer les prix que nous pratiquons pour du made in France. Puisque que nous vendons en direct, cela nous permet de jouer avec nos marges pour proposer des prix justes. La transition s’est faite plutôt en douceur. Nous avons d’abord écoulé nos anciens stocks pour ensuite lancer nos propres collections. Mais nous ne partions pas de rien, car nous avions déjà une base de données active. On connaissait déjà nos clientes et leurs goûts, ça change tout.

Nous avons d’abord écoulé nos anciens stocks pour ensuite lancer nos propres collections. Mais nous ne partions pas de rien : on connaissait déjà nos clientes et leurs goûts, ça change tout.

Le business model a t-il changé ?

Ah oui! On avait décidé, après le lancement de la première collection Comporta, de fractionner nos collections et de faire de nouveaux lancements presque chaque semaine afin de capter nos clientes le plus régulièrement possible. On veille à ce qu’elles ne s’endorment pas ! Mais c’est un « work in progress » permanent, c’est ça qui est excitant.

Quels sont les prochains grands enjeux pour toi et ton équipe ?

Se développer et grandir en bonne intelligence, sans mettre la charrue avant les boeufs.
Nous allons organiser une levée de fonds prochainement. Ça c’est c’est un vrai projet « sympa »…Je hais ce genre de « step » à passer ! Aussi, je veux que l’on grandisse tout en continuant à travailler dans la joie et la bonne humeur, parce que c’est vraiment ma plus jolie victoire. C’est pour cela que je suis très attentive aux embauches. C’est à chaque fois un enjeu car un mauvais recrutement peut flinguer l’ambiance de ta boîte, voir carrément ta boîte !
Enfin, dans les prochains mois il devrait y avoir l’ouverture de notre showroom, le « Modetrottour’ dans certaines villes de province, et encore des collaborations et de jolis partenariats à venir.

Sur un plan plus personnel, comment as-tu vécu ces dernières années et ces grands changements ?

Je suis passée par toutes les étapes: l’excitation, le désespoir, l’angoisse, le bonheur…la totale ! Heureusement que je ne suis pas d’un naturel très stressé, sinon… je serais morte je crois ! Mais je n’ai aucun regret, je suis super contente de là où nous en sommes maintenant. On travaille vraiment beaucoup, alors c’est une vraie satisfaction quand ça fonctionne.

Je suis passée par toutes les étapes: l’excitation, le désespoir, l’angoisse, le bonheur…la totale !

Quel est ton quotidien aujourd’hui  ?

Chaque journée est différente. Je ne suis pas vraiment du matin, donc j’arrive au bureau à 10h et j’y reste sans interruption jusqu’à 19h ou 20h. J’aime bien enchaîner ma journée, ne pas perdre du temps en déjeuners ou en cafés interminables. Quitte à être là, autant y aller à fond.
Aussi, j’ai du mal à travailler de chez moi, j’aime bien être avec les filles ici car j’ai besoin d’émulation et je sais parfaitement faire abstraction de tout ce qui m’entoure quand je dois me concentrer.

Comment te sens-tu aujourd’hui en tant qu’entrepreneure ?

Je me sens normale, je n’ai pas du tout le sentiment d’avoir accompli un truc fou. J’ai toujours voulu bosser pour moi, je le sais depuis des années, donc rien de nouveau sous le soleil. Ma liberté est mon bien le plus précieux, c’est ce qui me rend vraiment heureuse. Et même au creux de la vague ou pétrie de doutes, je n’ai jamais voulu lâcher.

Ma liberté est mon bien le plus précieux, c’est ce qui me rend vraiment heureuse. Et même au creux de la vague ou pétrie de doutes, je n’ai jamais voulu lâcher.

www.modetrotter.com

*

Interview: Agathe Morelli
Photos : Modetrotter