Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Reine du « Do It Yourself » capable de transformer un tapis en robe du soir ou un ticket de caisse en broche origami, Lisa Gachet a plus d’un tour dans son sac. En 2012, elle lançait le site Make My Lemonade pour partager ses tutos mode, déco et cuisine. Au fil des collaborations, elle a séduit les plus grandes marques tout en gardant son indépendance. Aujourd’hui à la tête d’une petite équipe, Lisa revient à ses premières amours en lançant Wear Lemonade.

Qu’est-ce que tu voulais petite ?

Je voulais être fleuriste. J’avais repéré un pas de porte de 2 m² à vendre dans la rue où travaillait ma mère et je me voyais bien avoir ma boutique là pour être près d’elle. Mais elle a été vendue donc je me suis dit que je ne serais pas fleuriste si ce n’était pas ici.

Quel métier fait ta mère ?

Elle est greffière à l’ordre des médecins et mon père est prof d’EPS.

Enfant, tu bricolais déjà un peu ?

Oui, on n’appelait pas encore ça du Do It Yourself, à l’époque on appelait ça du bricolage. J’étais complètement accro à une émission sur Disney Channel qui s’appelle Art Attack. C’était nul mais ça me mettait en transe ! Je fabriquais les cadeaux pour toute ma famille grâce à ma mère qui me mettait de côté tous les trucs que je pouvais transformer : barils de lessive, rouleaux de papier toilette, tissus… À huit ans j’ai même fabriqué des bagues en perles que je vendais à ses copines ! J’en avais fait un vrai petit commerce, j’essayais de trouver les perles les moins chères pour gagner plus d’argent, parfois je me chronométrais pour savoir combien de temps je passais sur une bague ! Assez tôt j’ai su que je voulais faire quelque chose dans le domaine créatif.

J’étais complètement accro à une émission sur Disney Channel qui s’appelle Art Attack. C’était nul mais ça me mettait en transe !

Tu as suivi une filière artistique ?

Oui. J’ai grandi dans le Médoc près de Bordeaux, et quand j’ai su qu’un lycée proposait une filière Arts appliqués, je me suis mise à travailler dur pour pouvoir y entrer – l’école n’est pas trop mon truc – et j’ai été prise ! Puis assez rapidement, j’ai voulu devenir styliste mais comme c’était ce que toutes les filles voulaient faire et que je ne voulais pas être comme tout le monde, je disais que je voulais être architecte d’intérieur…

Et un jour on est allés aux portes ouvertes des écoles d’arts à Paris et j’ai tout de suite su que je voulais aller à Duperré. Mais comme la sélection est rude, je devais quand même postuler dans d’autres écoles en province. Donc je m’étais fabriqué une valise rouge tapissée d’un papier peint à cerises et je l’avais aménagée avec des petits casiers pour présenter mes projets. Je m’étais achetée une robe H&M démente et j’étais en mode VRP pour convaincre les écoles de me prendre ! Finalement j’ai été prise à Duperré, j’étais comme une dingue…

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Comment s’est passée ton arrivée à Paris et la découverte de ce milieu de la mode ?

Je suis arrivée à Paris où mes parents m’avaient trouvé une petite « cage à lapin » très charmante ! Je ne connaissais personne et à Duperré c’était un peu compliqué dans la mesure où on était beaucoup de filles et que moi, j’avais plus l’habitude d’être entourée de garçons… Mais j’ai suivi les cours et commencé à faire des petits trucs pour des marques à droite à gauche, j’étais assistante sur des shootings…

Je me souviens qu’on m’avait dit : « Si tu vas à Paris, ce qui fera la différence c’est de te faire des contacts. » Et moi j’étais pétrifiée parce que j’étais super timide.

Et le point de départ, ça a été l’imprimerie près de chez moi, Magenta Color, où j’allais imprimer mes dossiers d’école. Un jour, Gilles, le patron, m’a présenté sa sœur Chloé qui a une marque de vêtements et de linge de maison pour enfants. Elle cherchait du monde pour l’aider donc j’ai travaillé un peu avec elle. Ça m’a fait rencontrer d’autres gens… Je savais que si j’avais un coup de mou, j’allais à Magenta Color et il m’arrivait quelque chose !

Puis j’ai eu mon BTS en me demandant bien ce que j’allais faire avec à seulement dix-neuf ans.

Je me souviens qu’on m’avait dit : « Si tu vas à Paris, ce qui fera la différence c’est de te faire des contacts. » Et moi j’étais pétrifiée parce que j’étais super timide.

Tu ne te sentais pas prête à travailler ?

Non, pas vraiment. Mais l’école proposait une spécialisation sur douze mois complets pendant lesquels on devait créer une collection de A à Z et faire des stages, donc je me suis dit que j’allais me faire une dernière année d’études à fond. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me spécialiser dans l’enfant, pour pouvoir me démarquer. Cette année a été super riche à plein de niveaux. Je travaillais aussi en parallèle sur un mémoire et ça me plaisait de donner un sens à ce que je faisais et pas juste faire du beau pour faire du beau. J’ai travaillé comme une acharnée et je suis sortie major de ma promo.

Par la suite, tu es devenue assistante chez Saint Laurent Homme ; comment s’est faite la connexion ?

Grâce à mon colloc qui m’a motivée pour passer un entretien où je suis allée avec une désinvolture qui ne me ressemble pas du tout. Finalement, j’ai commencé le lendemain et j’y suis restée un an et demi, le temps de trois CDD légaux. Puis ils m’ont proposé de devenir styliste bijoux en CDI mais j’ai préféré un poste d’assistante de la directrice artistique chez Bonpoint. Finalement mauvais choix, on n’était pas super compatibles donc je suis partie en peu en courant au bout de neuf mois pour travailler avec Charlotte Ziegler sur le lancement d’une ligne de bijoux.

Pendant cette période en tant que salariée, tu avais mis de côté toute création personnelle ?

Non, étant en poste avec des horaires « normaux », j’ai vite tourné en rond… Je rentrais chez moi à 18h30 et comme je suis un peu hyperactive j’avais besoin de me trouver un projet. Donc cette année-là, j’ai décidé de recevoir toute ma famille pour Noël en mettant vraiment le paquet ! Pendant trois mois j’ai organisé Noël comme une malade : invitations, déco, table, j’avais fait des suspensions, dessiné tous les membres de ma famille avec des têtes d’animaux… J’avais fait beaucoup de choses et tout le monde m’encourageait à le partager. Je me disais qu’un blog ça pouvait être cool mais je savais que pour que ça marche, il fallait se montrer, moi je voulais de belles photos et j’avais un appareil photo pourri… En bref, c’était compliqué de se lancer parce que pour moi il faut que tout soit parfait sinon je ne le fais pas.

Finalement, qu’est-ce qui t’a convaincue ?

J’ai demandé un bon appareil photo à Noël ! J’ai pu photographier toute la préparation de la soirée, refaire ce que j’avais préparé et j’ai commencé à poster en février 2012.

Pendant trois mois j’ai organisé Noël comme une malade : invitations, déco, table, j’avais fait des suspensions, dessiné tous les membres de ma famille avec des têtes d’animaux…

La suite de l’interview dans la revue ENCORE – numéro 1.

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Portfolio de Vincent Desailly

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Le plan, c’était de ne pas trop en avoir et de suivre mon instinct, ce qui ne m’a pas trop mal réussi jusque-là.

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Le site tournait bien mais j’avais encore envie de plus, j’avais besoin de me re-challenger et de revenir à mes premières amours, le stylisme.

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Le développement et les finances, ça ne m’amuse pas du tout même si c’est nécessaire de s’y intéresser.

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

Aujourd’hui, c’est moi qui dois faire en sorte que des gens prennent plaisir à se lever le matin pour travailler avec moi.

Lisa Gachet © Vincent Desailly pour Encore

 

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www.makemylemonade.com

L’interview intégrale de Lisa est disponible dans la revue ENCORE.

www.clubencore.fr