Koralie & Suprakitch-59C’est en peignant une devanture qu’ils se sont rencontrés et depuis ils ne se sont plus quittés. Koralie et Supakitch sont artistes peintres, passent de la bombe au pinceau. Après avoir découvert le graffiti à Montpellier, ils ont installé leurs ateliers à New York puis à Paris, et c’est à Biarritz qu’ils s’établiront prochainement. Toujours en mouvement, entre le salon de tatouage de SupaKitch, les expositions en préparation, les différentes collaborations et leurs deux enfants, le planning du « couple du street art » est chargé. Interview depuis Los Angeles. 

Comment vous-vous êtes rencontrés, tous les deux ?

Guillaume (SupaKitch) : On vivait à Montpellier et un ami qui avait un bar m’avait demandé de venir peindre sa devanture un dimanche. En fait il avait demandé la même chose à Koralie sans me le dire, sans me dire non plus qu’il y aurait quelqu’un d’autre ! Du coup on s’est retrouvés devant le bar ce dimanche matin : « – Salut, je viens pour peindre la façade. – Ah ben non, c’est moi ! ». Finalement, on l’a peinte ensemble et on ne s’est plus quittés.

Ça ressemble à un coup arrangé, non ?

Koralie : Pas du tout ! Il prévoyait peut-être une solution de secours au cas où l’un de nous ne viendrait pas. Peut-être qu’il avait d’ailleurs demandé à d’autres personnes ! C’était juste un heureux hasard.

Plus jeunes, quels ont été vos premiers contacts avec l’art ?

K : Moi, j’ai toujours adoré dessiner et peindre. Dans ma famille, personne n’est artiste mais tout le monde a une petite fibre artistique ou artisanale. Mon père était dessinateur en bâtiment, ma mère m’a toujours amenée à ses cours de macramé, de poterie ou de peinture sur soie… Je dessinais et je peignais tout ce qui me tombait sous la main, je bricolais pas mal aussi. J’étais fascinée par les personnages des mangas (les dessins animés). Les filles avaient des cheveux hyper longs de toutes les couleurs, des vêtements sexy et étaient très extraverties… J’adorais cet univers.

G : Moi je suis né à Bagnolet en banlieue parisienne, et très vite j’ai été fasciné par les graffitis sous les ponts ou dans le métro, d’autant plus que j’adorais dessiner. Et un jour, j’ai rencontré le mec de ma cousine, plus âgé que moi, qui était DJ Hip-Hop. Il faisait aussi du graffiti et il m’a montré comment dessiner des lettres. Ensuite, c’est ma grand-mère super cool qui m’achetait des bombes et me laissait peindre le mur au fond de son jardin. Je devais avoir 10 ou 11 ans… J’ai vraiment fait mon premier graffiti illégal – sans autorisation de ma grand-mère  – à 12 ans à Montpellier, où on avait déménagé.

C’est ma grand-mère super cool qui m’achetait des bombes et me laissait peindre le mur au fond de son jardin.

Vous imaginiez pouvoir devenir artistes ?

G : Devenir artiste peintre n’était pas du tout une option envisageable dans la mesure où pour moi ça n’existait même pas. Je n’avais pas eu cette éducation culturelle. J’étais attiré par l’image mais surtout par celles de mon quotidien : les affiches, les pochettes de disques ou la publicité. J’ai donc fait des études pour devenir directeur artistique et peindre en parallèle.

K : Pour moi, être artiste était le Graal. J’ai su très jeune ce que je voulais faire et je n’aimais pas trop l’école, mais mes parents m’avaient dit : « Passe ton bac et après tu feras ce que tu veux ! ». Donc j’ai franchi les étapes pour que ça passe le plus vite possible afin d’entrer en fac d’arts plastiques, comme je le souhaitais, et dans une école d’architecture en parallèle, pour faire plaisir à mon père. Mais contre toute attente, j’ai très vite abandonné la fac et je me suis lancée dans les études d’archi. Six années géniales, où j’ai énormément appris, partagé. Ce sont des études très riches, où l’ambiance est excellente. C’est pendant mes études que j’ai découvert le graffiti. J’étais assez fascinée par cet univers mais moi, à l’inverse de Guillaume, je n’arrivais pas à passer le cap de peindre dans la rue.

L’interview intégrale de Koralie & Supakitch est dans la revue ENCORE – numéro 1.

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Photos : Palmyre Roigt & Archives K&S.

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Koralie & Supakitch à Montpellier en juin 2015.

Devenir artiste peintre n’était pas du tout une option envisageable dans la mesure où pour moi ça n’existait même pas.

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" There is no pathway of flowers leading to glory ". Peinture de Supakitch.
 » There is no pathway of flowers leading to glory « . Peinture de Supakitch.

A partir du moment où l’on assume ce que l’on est, ce que l’on veut, plus personne ne vous pose de questions.

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Être artiste est plus qu’un métier, c’est un état d’esprit, une façon de vivre.

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Koralie
Koralie, fresque pour Posca à Frankfort © Damien Vignaux

Je m’éclate autant dans le tatouage que dans la peinture.

Supakitch
Tatouage by Supakitch

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www.metroplastique.com

L’interview intégrale de Koralie & Supakitch est disponible dans la revue ENCORE.

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