Julie Robert © Clement Minair pour Encore Magazine

Un jour, Julie Robert est partie faire la fête en Islande et est rentrée avec une révélation. Celle de la laine, du tissage et des paysages lunaires de cette île du Nord. Quelques jours plus tard elle fabriquait un métier à tisser et se lançait dans la pratique de cet art ancestral devenu super tendance. Boostés à coups d’Instagram, ses ateliers affichent complets en une heure. Installée à Hyères, elle est l’une des rares professionnelles à vivre de cet artisanat en France et vient de publier son premier livre.

Julie, comment étais-tu petite ?

Je passais mes journées à dessiner et à peindre, je voulais être prof d’arts plastiques ! Au collège, je trouvais mes profs complètement folles et étant très réservée, je crois que je leur enviais un peu leur folie…

Qu’est-ce qui t’a éveillée à la création ? Ta famille ?

Pas du tout. Je viens d’une famille ouvrière, ma mère était mère au foyer et mon père travaillait dans les bateaux, je n’avais aucun artiste autour de moi et je n’ai jamais pris de cours. Mais j’ai grandi à la campagne, près de Hyères, donc je passais beaucoup de temps seule à grimper dans les arbres et à m’inventer des histoires, j’avais une grande imagination.

J’ai gardé ce truc toute mon enfance et naturellement j’ai choisi la fac d’Aix-en-Provence pour faire un DEUG d’arts plastiques, mais je crois que je n’étais pas prête, j’étais trop jeune pour partir de chez mes parents. Donc je suis repartie à Toulon près de chez eux pour faire les Beaux-Arts, mais j’ai arrêté au bout de deux ans et demi, juste avant mon diplôme…

Pourquoi ?

J’ai toujours été un peu rebelle, je n’aimais pas qu’à l’école on me dise : « Fais ça comme ça, avec ça… » J’ai fini par me dire que je n’avais pas envie de suivre toutes ces règles et je me suis lancée toute seule dans la peinture.

Je n’avais pas envie de suivre toutes ces règles et je me suis lancée toute seule dans la peinture.

Tu renonçais donc à l’idée de devenir prof ?

Oui car dans tous les cas il aurait fallu que je réintègre un cursus supplémentaire, et comme à ce moment-là j’ai eu une petite fille, ça me semblait compliqué… Donc je peignais, j’avais un petit boulot et je faisais quelques expos, ça m’allait très bien.

 

Julie Robert © Clement Minair pour Encore Magazine

La naissance de ta fille t’a fait envisager les choses différemment ?

Oui, avoir un enfant m’a fait ravaler mon côté rebelle et je suis devenue une maman. Ça m’a aussi permis de prendre le temps de mûrir mes projets professionnels, car j’aimais créer mais pour trouver ma voie définitive j’avais besoin de nourrir un peu tout ça. J’ai fait les choses un peu à l’envers mais j’en suis là aujourd’hui, donc ce n’était peu être pas si mal.

J’ai fait les choses un peu à l’envers mais j’en suis là aujourd’hui, donc ce n’était peu être pas si mal.

Et comment s’est fait ce cheminement ?

J’ai commencé par quitter le cocon familial et le Sud pour m’installer à Paris où j’ai vécu pendant 5 ans. Un ami qui travaillait dans la pub m’a fait rencontrer beaucoup de monde donc j’ai commencé à travailler dans la publicité sur des shootings. Je faisais de la couture, des retouches, de la broderie et au bout d’un an, cette activité est devenue régulière.

Ça me plaisait parce que c’était tout nouveau et je ne connaissais pas du tout ce genre de métier. Et puis je travaillais sur de grosses productions, mes parents étaient fiers de dire que j’avais participé. Ça m’a permis d’être fière moi aussi et d’avancer dans cette énergie-là.

La suite de l’interview dans le numéro 2 de Encore disponible sur clubencore.fr

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Portfolio de Clément Minair pour Encore + Photos exclusives pour le web

Julie Robert © Clement Minair pour Encore Magazine

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Ce pays m’a complètement réanimée et j’ai eu une sorte de « poussée de création ».

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J’ai pris la décision de quitter Paris avec ma fille sous le bras pour aller m’installer dans le Sud et me lancer à fond dans le tissage.

Julie Robert © Clement Minair pour Encore Magazine

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Le tissage est un art ancestral mais nous sommes aujourd’hui une génération de designers textiles qui tentons de moderniser tout ça et de créer quelque chose de nouveau.

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Je ne dessine pas, je choisis des laines que je pose et je laisse les idées venir. Je fais. Je défais rarement.

Julie Robert © Clement Minair pour Encore Magazine

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www.julie-robert.fr