Julie Basset @ Encore Magazine

« Je veux juste vivre de ma passion en ayant une vie plus zen. »

Elle voulait être notaire, mais elle a étudié l’art pour finalement devenir Chef indépendante ! A 28 ans, Julie Basset a eu raison de suivre son instinct pour trouver sa place. Aujourd’hui, la « cheffe » – son nom est déposé – a fait le choix de proposer sa cuisine à domicile et collabore avec de nouvelles adresses à Paris . Génération Instagram, Chef Julie Basset is coming !

D’où viens-tu ?

J’ai grandi en Auvergne puis en Normandie. En Auvergne, nous vivions dans une grande maison au milieu de nulle part. On avait des chambres d’hôtes, c’était vraiment la campagne. Avec ma soeur, on s’occupait dehors dans le potager, on faisait du vélo, on ramassait les escargots et on passait beaucoup de temps chez nos potes qui étaient, pour la plupart, agriculteurs… Souvent, on faisait aussi des gâteaux et on donnait un coup de main à ma mère qui tenait la maison.

Je voulais faire du droit, je voulais être notaire !

Ça te donnait des idées ? Qu’est-ce que tu voulais faire petite ?

Je voulais faire du droit, je voulais être notaire ! Puis, ado, j’ai dû annoncer à mes parents que j’avais changé d’avis… Je voulais me diriger vers les arts plastiques.

Comment ont-ils réagi ?

Ils n’étaient pas emballés… D’ailleurs le résultat est qu’aujourd’hui, je ne fait ni l’un ni l’autre, même si je reste convaincue que l’art fait toujours partie de mon quotidien et a son importance dans mon travail.

Julie Basset @ Encore Magazine

Tu as pu intégrer une école d’art ?

Oui, après mon bac littéraire, j’ai fais une prépa puis une école d’Arts Appliqués. J’ai été prise à l’Ecole des Gobelins où j’ai appris le graphisme, la photo, la communication visuelle… C’était cool, mais finalement je ne suis pas allée au bout du cursus.

Pourquoi ?

La vie a fait que j’ai rencontré des amis qui travaillaient dans le milieu de la musique donc on a un peu vadrouillé. J’ai décidé d’arrêter mes études et j’ai trouvé des boulots dans la restauration. A ce moment-là, j’ai fait la connaissance d’un chef que j’ai fréquenté pendant un moment. Il tenait un restaurant à Paris. Je ne cuisinais pas énormément mais ça a piqué ma curiosité et j’ai commencé à vraiment m’y intéresser.

Je n’avais pas de diplôme mais j’étais super motivée. Je me rendais compte que c’était le truc qui me correspondait !

Quelles ont été tes premières expériences en cuisine ?

Après avoir bossé en salle et au bar, j’ai commencé à travailler en cuisine comme commis puis chef de partie. Je n’avais pas de diplôme mais j’étais super motivée. Je me rendais compte que c’était le truc qui me correspondait ! Tout était tellement logique… Donc je me suis décidée à passer un diplôme de cuisine en candidat libre pour avoir un certificat, parfaire ma technique et apprendre les bases.

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Ce diplôme fait appel à de vraies connaissances techniques, comment t’es-tu formée ?

Comme je suis une gourmande et que j’avais déjà un pied dedans, c’était plutôt instinctif.  J’ai ouvert quelques bouquins et tout s’est très bien passé.

C’était de la cuisine de bistrot mais c’était plein tous les soirs donc j’y ai appris beaucoup de choses sur la gestion, la logistique, les commandes…

Après avoir eu ton diplôme, où as-tu travaillé ?

J’ai travaillé dans plusieurs maisons, des petits bouchons aux restaurants gastronomiques dans les beaux quartiers parisiens. Puis je suis devenue second au Barbershop, un bar-restaurant à Paris où je suis restée un an. C’était de la cuisine de bistrot mais c’était plein tous les soirs donc j’y ai appris beaucoup de choses sur la gestion, la logistique, les commandes… C’était un marathon quotidien, je travaillais beaucoup et j’étais la seule fille en cuisine (comme dans tous les établissements que j’ai fréquenté). A un moment, c’est d’ailleurs devenu un peu compliqué à gérer. J’avais vraiment besoin de prendre l’air pour m’épanouir davantage et j’avais d’autres idées en tête, donc j’ai démissionné.

C’est à ce moment-là que tu as lancé ton activité de chef à domicile ?

Oui. Finalement, peu de temps après avoir quitté le Barbershop, j’ai croisé de bonnes énergies sur ma route ! J’étais motivée à lancer mon activité de chef indépendante donc j’ai fait ce qu’il fallait pour être auto-entrepreneur et let’s go ! Ça a marché.

Beaucoup de gens me découvrent et me contactent via les réseaux sociaux.

Comment as-tu trouvé tes premiers clients ?

C’est une copine d’une copine qui m’a sollicité pour la première fois. Elle fêtait son anniversaire où il devait y avoir 50 convives. Puis l’un d’eux m’a contacté peu de temps après pour me faire travailler. Au début, ça s’est vraiment fait au bouche à oreille, puis ensuite grâce à mon réseau et aux réseaux sociaux.

Tu es très active sur Facebook et Instagram. Concrètement, qu’est-ce que ça t’apporte ?

C’est un point très important de mon business car beaucoup de gens me découvrent et me contactent via les réseaux sociaux. Je prends des photos de mon marché, de moi en train de cuisiner… Faire de belles photos et être rigoureux, ça peut vraiment séduire de nouveaux clients.

Julie Basset @ Encore Magazine

Comment définis-tu ta cuisine ? Qu’est-ce qui t’inspire ?

Je fais de la cuisine moderne française aux influences exotiques. Ma cuisine est inventive : je revisite des classiques d’ici et d’ailleurs. Le goût et les assaisonnements sont ma priorité. J’adore faire des associations de saveurs inhabituelles et sublimer un produit brut.

J’aime découvrir de nouveaux produits. Ça m’arrive d’acheter des ingrédients sans savoir vraiment ce que c’est, puis je teste, j’improvise. Je n’ai pas le nez dans les bouquins de cuisine, mais j’ai appris à observer pas mal ce qu’il se passait autour de moi, ça me donne plein d’idées.

Depuis un an je me suis aussi mise au Bio. Je veux proposer à mes clients ce que j’estime être le meilleur.

En plus en ce moment, il se passe un vrai truc avec le sans gluten et le bio. Il y a de plus en plus de demandes. Les gens veulent manger un peu plus sainement et savoir d’où viennent les produits qu’ils ont dans leur assiette.

Aujourd’hui, qui sont tes clients ?

J’ai des clients privés, mais aussi beaucoup d’entreprises, des sociétés d’événementiel avec qui je travaille sur des événements mode, des vernissages…

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Comment tu t’organises ?

Je travaille seule ou parfois avec des commis si cela est nécessaire. Je passe beaucoup de temps chez moi où je réalise les mises en place et les préparations et ensuite, je vais cuisiner chez le client. Le concept est que les gens me voient cuisiner.

Pourquoi avoir choisi d’être chef indépendante ? Tu aurais pu travailler dans un autre restaurant ou monter une affaire ?

Oui, plus tard ! Un jour, j’aimerais avoir un établissement à mon image mais pour le moment je suis libre et je peux moduler mon planning à ma guise. Quand je bosse à fond pendant une période, je peux ralentir un peu et me consacrer à d’autres activités et à mes autres passions, comme la musique par exemple.

Quel est ton quotidien ?

Je travaille presque tous les jours. Je fais tout de A à Z toute seule. Je gère les devis, les mails et la relation clients. J’organise les courses, la cuisine, les livraisons et les services… Il faut être très rigoureux.

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Comment tu te sens sur la partie « business » ?

Je gère. J’essaie d’investir dès que je peux dans du nouveau matériel. J’ai vraiment envie de développer mon activité le mieux possible avec les moyens que j’ai pour le moment.

Je veux juste vivre de ma passion en ayant une vie plus zen.

Quels sont tes projets ?

En 2015, je vais rester sur ma lancée tout en me dirigeant d’avantage vers la food photography, le stylisme culinaire, voire le consulting. J’ai aussi très envie de travailler sur mon propre livre. Et plus tard, au moment propice, j’aimerais bien m’éloigner un peu de Paris, pour aller faire quelque chose à l’étranger… Il y a des villes comme Berlin où ça bouge beaucoup par exemple, ou carrément partir outre-atlantique.

Une autre de mes envies serait d’avoir un showroom qui me servirait de laboratoire. Les gens pourraient venir me rencontrer, déguster ou retirer des commandes, pourquoi pas y faire des shootings culinaires, voire des ateliers.

Mais on ne sait jamais… Plus tard, je pourrais aussi très bien me retrouver à la campagne à vendre des terrines bio sur internet ! (rires) Il y a beaucoup à faire. Je veux juste vivre de ma passion en ayant une vie plus zen.

www.chefjuliebasset.com

Julie Basset © Beaucrew