Julian Santa - Encore Magazine

« J’aime l’idée de recycler des objets en les remettant en service. »

Entre deux sessions de surf en Australie, Julian s’est découvert une passion pour le vélo ancien. Après avoir passé plusieurs mois dans un atelier à apprendre la mécanique et la customisation, il a lancé son activité de retour à Biarritz. Aujourd’hui, accompagné de Gabrielle, ils réparent et proposent des modèles uniques 100% vintage.

Où as-tu grandi ?

J : Je suis né en région parisienne et j’ai grandi à Biarritz. Ensuite j’ai fait des études d’infirmier à Bordeaux et j’ai quitté la France pour Tahiti après avoir eu mon diplôme.

Mon voisin avait un vélo mais il ne s’en servait pas donc je le lui ai échangé contre un téléphone portable !

Pourquoi être parti à Tahiti ?

J : Un pote infirmier était parti là-bas et ça avait l’air très chouette donc j’ai décidé de tenter l’expérience. Je travaillais aux urgences et je faisais du surf, c’était vraiment super. Puis je suis parti à l’île de la Réunion où vivait une partie de ma famille. C’est vraiment là-bas que je me suis pris de passion pour le vélo, un peu par hasard au départ… Mon voisin avait un vélo mais il ne s’en servait pas donc je le lui ai échangé contre un téléphone portable ! C’était un Beach Cruiser, j’avais tout démonté, repeint et remonté la machine sans vraiment m’y connaître… J’avais toujours été dans le milieu du skate, du surf et du street art, et ça commençait à pas mal parler fixies. C’est un peu ce qui m’a donné l’envie de partir.

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Comment cette activité est-elle devenue de plus en plus importante pour toi ?

J : Je suis parti vivre 2 ans en Australie où il y a une forte culture du vintage et notamment des vélos anciens. Et comme là-bas les gens ont pour habitude de déposer devant leur porte ce dont ils veulent se débarrasser, mon oncle m’avait déjà mis 3 vélos de côté en arrivant. J’ai monté un premier fixie trop petit pour moi puis j’ai décidé de le revendre et le lendemain il était parti. Surpris de voir que ça prenait, mon oncle est reparti faire un tour et il m’a ramené une dizaine de vélos. Lui était vraiment bricoleur et avait un peu de matériel, du coup je me suis mis à retaper ces vélos les uns après les autres et à les revendre. Je me suis équipé d’un pistolet et d’un compresseur pour refaire les peintures, j’ai créé des stickers et j’ai vendu quelques vélos c’est comme cela que j’ai crée une petite entité nommée La Bohême Pignon Fixe et c’est avec cette griffe très frenchy que je signais mes propres créations. Malheureusement ce n’était pas assez lucratif donc j’ai dû trouver un boulot.

Le feeling est tout de suite passé avec le propriétaire qui m’a tout appris. Il m’a aussi transmis le virus du vélo ancien.

J’avais repéré un atelier spécialisé dans les vélos anciens qui recherchait un mécanicien. Sur l’annonce, il y avait même la photo d’un vieux Peugeot ! Je suis allé me présenter le premier jour et pour savoir si je pouvais faire l’affaire le gérant m’a confié la restauration d’un très beau Peugeot, cela m’a pris environ une semaine ! C’était une mécanique un peu différente et j’étais encore débutant mais le feeling est tout de suite passé avec le propriétaire qui m’a tout appris. Il m’a aussi transmis le virus du vélo ancien. Malheureusement j’y suis resté 4 mois car il ne gagnait pas assez sa vie pour pouvoir me payer de manière convenable. J’ai fini par rentrer en France…

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Comment s’est passé ton retour à Biarritz ?

J : En arrivant, j’ai retrouvé un boulot d’infirmier dans une maison de retraite à côté de chez moi et c’était déjà un bon début parce que je voulais absolument pouvoir continuer à rouler le plus possible. A côté de ça, j’avais déjà quelques vélos commandés sur Ebay et livrés chez ma sœur qui m’attendaient ! Dès que je voyais un beau vélo pas cher, je voulais le récupérer. J’ai commencé à les retaper dans mon petit studio…

On a déménagé en janvier dans une nouvelle maison avec un garage à côté, dans lequel je me suis aménagé un vrai atelier.

Comment as-tu lancé ton activité ?

J : Un jour, un de mes amis m’a demandé de retaper le vieux vélo de son grand-père. C’était ma première commande, j’était super motivé. Ça a vraiment lancé l’activité. Dans la foulée, j’ai fait la rencontre de Gabrielle avec qui on a créé le blog et commencé à communiquer autour de ma passion. Ça a commencé à ramener un petit peu de monde... On a déménagé en janvier dans une nouvelle maison avec un garage à côté, dans lequel je me suis aménagé un vrai atelier.

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Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de réparer et de customiser des vélos ?

J : Il y a plusieurs choses qui me plaisent. D’abord, mon père retapait de vieilles voitures, il a toujours fait quelque chose de ses mains. Je me suis moi-même découvert un talent dans cette mécanique. Comme je faisais déjà un petit peu de peinture, ça m’a permis de retrouver un côté artistique sur les touches finales, dans la rénovation et la finition. J’aime aussi l’idée de recycler des objets en les remettant en service. Ça me plaît de proposer une autre forme de consommation.

Ce que qui me plaît vraiment, c’est d’essayer de comprendre les attentes de mes clients et d’arriver au résultat final pour que la personne soit contente.

Mais ce qui me plaît vraiment, c’est d’essayer de comprendre les attentes de mes clients et d’arriver au résultat final pour que la personne soit contente. Il y a tellement de possibilités et d’éléments avec lesquels on peut jouer pour customiser ! Par exemple, j’ai récupéré un vieux fauteuil en cuir, j’ai découpé tout le cuir et on a commencé à le mettre en poignée ou en selle sur les vélos. Ça donne du style et les gens aiment beaucoup. Gabrielle maîtrise bien tout ça maintenant…

G : J’aime travailler le cuir de manière artisanale car je peux décider des finitions de cette matière selon mes envies sur les poignées et les guidolines en cuir ou en gomme laquée par exemple. C’est vrai que maintenant avec tous les réseaux sociaux de partage d’images on peut trouver des inspirations très sympas …

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Combien de temps passes-tu sur un vélo ?

J : C’est très compliqué à estimer car si je travaille sur un vélo qui n’est pas rouillé, je vais juste m’occuper du nettoyage et des réglages et ça prend entre 5 et 7 heures.. Après il y a des vélos sur lesquels j’ai dû passer 40 ou 50 heures !

Je fais un gros travail là-dessus pour le vélo quasiment à son état premier.

Quelles sont les différentes étapes ?

J : D’abord j’inspecte les vélos pour évaluer leur état puis je les démonte. J’évalue quelles pièces je garde ou remplace et ensuite je passe au nettoyage. Je fais un gros travail là-dessus pour le rendre quasiment à son état premier. Puis je le remonte et je passe à la peinture si besoin, aux finitions, aux pièces en cuir… On fait aussi pas mal de choses avec des caisses de vin qu’on pose en guise de panier.

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Comment comptez-vous développer l’activité ?

J : Pour le moment c’est compliqué d’imaginer en vivre car je passe beaucoup trop de temps sur un vélo mais je devrais pouvoir trouver un compromis avec mon travail pour pouvoir m’aménager du temps.

G : On est en pourparlers avec une boutique et une plateforme web qui serait intéressée pour travailler avec nous pour vendre les selles, les poignées et les guidolines. On peut aussi imaginer faire des collaborations.

Je suis parti de Biarritz il y a 10 ans, à une époque où les jeunes voulaient tous partir. Aujourd’hui, ça commence vraiment à se dynamiser.

Tu sens qu’il y a une nouvelle énergie en ce moment à Biarritz ?

J : Je suis parti de Biarritz il y a 10 ans, au moment où c’était mort, à une époque où les jeunes voulaient tous partir. Aujourd’hui, ça commence vraiment à se dynamiser, il y a plein de choses qui s’organisent. Je pense que c’est aussi pour les artistes un bon endroit pour créer, car c’est une belle région.

 

www.asxva21.com

Interview : Marie Ouvrard / Photo : Alexandra Rivet

Julian Santa @ Beaucrew