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« Provoquer la surprise, partager et donner du bonheur aux gens, je pense que c’est ça qui me plaît le plus. »

Jeanne et Pierre sont amoureux mais pas encore mariés. Pourtant, en organisant le mariage d’un couple d’amis ils ont découvert tout un univers ! Quelques mois plus tard, ils réunissaient un collectif de créatifs et se lançaient dans l’organisation et la direction artistique de mariages, un nouveau terrain de jeu pour Jeanne… 

D’ou viens-tu Jeanne ?

Je viens du Pays Basque, j’ai grandi à Saint-Jean-de-Luz. Ensuite j’ai fait mes études à Bordeaux où j’ai passé une licence de sociologie. Puis je suis partie un an en Erasmus à Madrid, et j’ai enchaîné avec un Master en médiation culturelle à Paris.

Quel a été ton premier job ?

Pendant mon Master, j’ai fait des stages dont un dans le magazine de musique indé Tsugi, pour lequel j’étais en charge des partenariats. À la fin de mes études, ils m’ont embauchée et j’ai travaillé pour eux pendant deux ans. Grâce à cette équipe (mes papas de travail), j’ai pu rencontrer plein de gens, c’était une super expérience. Mais je me suis aussi rendue compte que j’avais envie de faire plein de choses, et que ça allait être compliqué de me cantonner juste à un boulot de salariée. J’ai donc décidé de monter ma structure, Nabie Productions, avec Pierre mon amoureux.

Au départ, c’était vraiment une boîte d’événementiel basée sur la musique et la culture. On travaillait pour des labels de musique, des artistes ou de grandes marques qui avaient besoin de communiquer dans ce secteur-là…

Ça allait être compliqué de me cantonner juste à un boulot de salariée.

Comment êtes-vous passés de la musique aux mariages ?

En 2009, deux ou trois ans après avoir monté notre structure, des amis qui voulaient se marier m’ont dit : « Il faut que tu nous aides. Connaissant ton boulot, on sait que tu vas pouvoir le faire ! », ce qui était assez vrai, après tout c’est une question de méthodologie.

Par quoi as-tu commencé ?

Pierre a trouvé des blogs américains sur le mariage et m’a dit : «Regarde, en fait c’est pas forcément chiant et tout blanc ». C’est comme ça que j’ai mis un pied là-dedans et j’ai vu qu’on pouvait développer tout un univers créatif, voire même artistique. Ça m’a beaucoup plu car c’était hyper complémentaire avec nos autres activités.

J’ai vu que ça pouvait être hyper cool, beaucoup plus détente et beaucoup moins blanc !

Comment s’est passé ton premier mariage ?

Lui était français, elle péruvienne, et ils voulaient se marier super vite donc c’était un peu la course. Moi, je ne m’étais pas mariée et je n’avais pas assisté à beaucoup de mariages. Du coup, j’ai vraiment passé beaucoup de temps sur internet en essayant de comprendre les nouveaux codes. J’ai vu que ça pouvait être cool, beaucoup plus détente et beaucoup moins blanc !

Alors j’ai créé un décor, loué du mobilier et fait appel à une graphiste pour avoir une belle charte graphique. Ils étaient super contents.

Nabie dit Oui © An Goossens
© An Goossens
Comment vous-êtes vous fait connaître par la suite ?

Un jour on a décidé de mettre à jour notre site internet et on y a ajouté un onglet service au particulier « Nabie dit oui », avec les photos du mariage qu’on avait faites et des shootings qu’on avait montés pour montrer l’univers dans lequel on voulait évoluer.

Le blog « Un beau jour » nous a repérés et a publié l’un de nos mariages. C’est à ce moment-là que l’activité s’est vraiment développée.

On a essayé de se démarquer en montant un collectif de créatifs avec des profils très différents, et des professionnels pas liés au monde du mariage. On a réuni une amie photographe, une pote fleuriste, une équipe de graphistes, un DJ… Ça nous a permis de proposer un service à la carte mais groupé et donc rester entre potes.

Si les mariés veulent que tout soit cohérent, ils peuvent faire appel à nous car on a l’habitude de travailler ensemble dans la même esthétique et c’est ce qui nous démarque. Notre spécialité n’est pas l’organisation millimétrée des mariages, on est pas wedding planner. On fait plutôt de la direction artistique globale. Après, s’ils veulent discuter avec un seul intermédiaire, c’est possible aussi bien sûr.

On n’hésite pas à se réorienter tous les 6 mois pour être dans la tendance.

Aujourd’hui c’est votre activité principale ?

Oh non ! On a plusieurs activités en parallèle. On ne veut pas s’enfermer exclusivement dans les mariages, donc on a vraiment gardé notre agence d’événementiel plus corporate à côté et puis on a notre asso aussi.

Depuis 2008, l’année de la création de Nabie, on a pas mal évolué. On n’hésite pas à se réorienter tous les 6 mois si il faut pour être dans la tendance et avoir du travail sans être cloisonné dans un secteur. C’est le secret pour des indépendants !

Nabie dit Oui © Mélanie Bordas
© Mélanie Bordas
Les mariés ne sont pas trop compliqués à gérer ?

Il y a deux difficultés principales. La première, c’est que travailler avec des particuliers, c’est différent d’une entreprise qui a l’habitude de travailler avec des prestataires. Les mariés peuvent être hyper exigeants, la mariée peut avoir des coups de stress deux jours avant le mariage : il faut réussir à gérer tout ça.

La deuxième difficulté, c’est la concurrence. Mais au final la concurrence, c’est positif ! C’est vraiment un milieu très particulier où il y a de plus en plus de prestataires, donc il faut toujours se démarquer et proposer de nouvelles choses. Tu ne peux pas te reposer pendant 3 mois, il faut toujours être actif, être en alerte et te réinventer avec de nouveaux services.

Combien coûte un mariage Nabie ?

Aujourd’hui en France, un mariage de 100 personnes, c’est entre 20 et 25 000 euros en moyenne. Mais on fait aussi des mariages à tout petit budget et on aime aussi le faire car on pousse le Do It Yourself au maximum. J’aime bien l’idée qu’on n’ait pas forcément besoin de dépenser l’apport d’un appartement pour son mariage.

Il a fallu trouver notre rythme et surtout trouver une répartition des tâches. C’est ça le secret !

Vous travaillez en couple avec Pierre, comment vous organisez-vous ?

Au début c’était pas forcément facile, il a fallu trouver notre rythme et surtout trouver une répartition des tâches. C’est ça le secret ! Quand tu travailles avec quelqu’un, il faut que chacun ait sa place. Maintenant ça roule super bien. Moi, je m’occupe beaucoup de la clientèle et et de la direction artistique, et Pierre est plus dans la réalisation. Il travaille le bois, il est habile de ses mains, s’est mis aussi au graphisme, donc il gère toute la partie réalisation/construction.

Aujourd’hui, vous êtes installés dans le Sud ?

Oui quasi ! On a vécu 8 ans à Paris et le jour où on a voulu changer d’appartement pour prendre un truc plus grand et qu’on a vu les prix, on s’est dit que ce n’était pas forcément cohérent de rester vivre ici avec nos moyens. On a donc décidé d’avoir notre domicile principal au pays basque et de garder une chambre dans une collocation à Paris, où l’on passe à peu près une semaine par mois pour le boulot.

La bonne surprise, c’est que maintenant qu’on est adultes, on se rend compte que le Pays Basque est une région où il y a plein de possibilités, on va même pouvoir y développer des choses.

Vous avez d’ailleurs développé d’autres événements ?

Oui, on produit un événement avec le collectif Moï-Moï (notre asso), le festival Baleapop, qu’on organise avec nos amis d’enfance. À une soirée, un peu éméchés, on s’est dit : « Tiens, on pourrait faire quelque chose de plus intéressant que juste faire la fête et se coucher à pas d’heure ! », et ça fait maintenant 5 ans que ça dure ! On a de plus en plus de monde et c’est vraiment cool de tous se retrouver autour de ça chaque été.

On a également développé via Nabie, un rendez-vous culturel et lifestyle, Wake Up Donibane !

Puis il y a aussi le festival Andy, créé avec le blog « Un beau jour ». C’est un festival de mariage revisité, mais qui se déroule à Paris.

Provoquer la surprise, partager et donner du bonheur aux gens, je pense que c’est ça qui me plaît le plus.

Tu es sur 10 000 trucs en même temps, comment tu gères tout ça ?

Ce qui me plaît, c’est de faire plein de choses, je ne pourrais pas rester inactive. Quand je pars une semaine en vacances, au bout de deux jours je suis déjà sur mon cahier avec 15 000 idées de projets à noter.

L’idée est vraiment de m’éclater, d’aller au bout de mes idées, de faire de l’évent design comme d’organiser un karaoké géant. J’aime essayer d’aller plus loin, de surprendre les publics là où ils ne s’y attendent pas.

Sortir des sentiers battus et provoquer la surprise, partager et donner du bonheur aux gens, je pense que c’est ça qui me plaît le plus.

Nabie dit oui © Pedro Bellido
© Pedro Bellido
Quels sont vos projets à venir ?

L’idée, c’est de continuer à être performant dans toutes les activités que l’on propose. Pour le futur, au niveau du collectif « Nabie dit oui », ça serait de prendre peut-être moins de mariages mais de garder ceux où on peut vraiment s’éclater et aller au bout des choses !

On aimerait aussi développer notre boutique de location de mobilier et essayer de monter un lieu avec notre collectif.

 

Nabie dit oui : c’est ICI.

Festival Andy : www.andyfestival.com

Festival Baleapop : www.baleapop.com

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