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Elle a été chercheuse en génétique, planneuse stratégique et directrice d’agence. Il a été musicien, développeur et à la tête de plusieurs start-up. Associés en 2007 dans la création de leur agence Wallace, c’est en partageant leur espace et leur quotidien avec leurs collaborateurs qu’Hanane et Anthony ont finalement trouvé leur place et un sens à leur quotidien. En 2013 ils fondaient Remix, un espace de coworking pas comme les autres.

Qu’est-ce que vous vouliez faire, petits ?

Hanane : Moi, ça changeait tous les jours et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Anthony : Je me posais des questions existentielles. Un métier me semblait être un habillage au sens que tu voulais donner aux choses mais le jour où j’ai vu un mec faire de la musique, ça m’a fait envie.

Hanane, tu as grandi à Casablanca et tu es arrivée à Paris à l’âge de 18 ans. Tu as toujours envisagé venir en France ?

Hanane : Depuis que j’ai une conscience, je veux découvrir d’autres cultures. La société marocaine est une société complexe dans laquelle tu es soumise au regard des autres en permanence, ce qui rend l’épanouissement difficile pour des personnalités hors cadre. Et puis, j’ai été élevée dans une famille très ouverte où je sentais que tout était possible, où l’on m’a poussée.

Quelle était ton ambition en arrivant ici ?

Hanane : J’ai fait un DEA en génétique et je ne me suis jamais autant éclatée, ça a été une des périodes les plus belles de ma vie. J’avais l’impression que j’allais découvrir le secret de l’existence ! Bon, tu te rends très vite compte que tu n’auras jamais aucune réponse donc ma quête scientifique humaniste s’est arrêtée là… Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un truc qui me fasse kiffer parce qu’un an au CNRS, intellectuellement c’est fabuleux mais c’est un univers très solitaire où tu es face à tes recherches… Donc j’ai fait un master à HEC, un saut énorme de la recherche au business.

J’aimais bien l’univers de la recherche mais je n’avais pas l’impression d’impacter sur quoi que ce soit.

Pourquoi cette envie d’apprendre le business ?

Hanane : J’aimais bien l’univers de la recherche mais je n’avais pas l’impression d’impacter sur quoi que ce soit. J’avais aussi besoin de comprendre un peu le monde de d’entreprise dans lequel je n’avais jamais mis les pieds. Depuis l’âge de 13 ans, j’avais le nez dans mon microscope à faire des expériences… Et en arrivant à HEC, ça a été le choc total. Il y avait un esprit de groupe, une énergie folle et ça m’a permis de m’ouvrir à plein de choses. J’ai dû rattraper mon retard par rapport aux autres mais j’ai fini major de ma promo ! Puis j’ai intégré l’industrie pharmaceutique dans le marketing puis chez DDB (agence de communication) dans la branche santé. J’ai travaillé sur la stratégie de lancement de produit pendant cinq ans jusqu’à ma rencontre avec Anthony…

Et toi Anthony, dans quoi as-tu trouvé ton épanouissement, plus jeune ?

Anthony : Dans une multitude de choses assez différentes, je faisais du sport, de la musique et puis je me suis mis à coder et à jouer aux jeux vidéo. J’ai découvert les jeux en réseau en 1995 avec des modems 33.6 et à partir de ce moment, je n’ai plus dormi pendant sept ou huit bonnes années… J’étais l’un des dix meilleurs joueurs mondiaux du jeu Command & Conquer, un jeu de stratégie. J’aurais pu être un de ces geeks qui meurent en jouant 72 heures d’affilée aux jeux vidéo !

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Tu as quand même trouvé le temps d’étudier à Sciences Po… ?

Anthony : Oui, j’avais envie de goûter à la « légitimité du diplôme ». Je pensais que ça pourrait me donner un repère socialement structurant. Bon, avec le recul, tout cela est largement discutable…

C’était aussi l’époque des premiers sites web, et comme je me débrouillais en code, j’ai lancé l’une des premières agences digitales en France. Très rapidement, j’ai eu de gros clients notamment dans la musique. Puis avec un ami, Yassir, on a voulu créer la même chose au Maroc, opération grâce à laquelle on s’est fait racheter. Entre temps, je m’étais pris une taule avec l’explosion de la bulle internet et on avait fermé la première boîte… C’était très bizarre de vivre un succès et un échec en même temps. Ça a été un moment particulier de ma vie où je ne savais pas exactement quoi répondre quand on me demandait comment ça allait. Au final, avec le recul, c’est l’une des mes plus grandes leçons de vie.

Après ça je me suis vraiment mis à la composition électro, et j’ai sorti quelques disques sous le nom de Tony Gutman. J’ai aussi beaucoup vécu la nuit pendant un temps, et j’ai retrouvé la lumière grâce à Hanane.

J’ai sorti quelques disques sous le nom de Tony Gutman. J’ai aussi beaucoup vécu la nuit pendant un temps, et j’ai retrouvé la lumière grâce à Hanane.

 

La suite de l’interview dans le numéro 2 de Encore disponible sur clubencore.fr !

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Portfolio de Pierre Bdn pour Encore.

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On ne savait pas encore que ça s’appelait du coworking, un mouvement naissant qui commençait à bouger aux USA…

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Même si c’est très à la mode, c’est très complexe d’en faire un vrai business.

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Le sens qui a pu nous manquer dans notre vie précédente, on l’a trouvé avec Remix.

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www.remixcoworking.com

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Interview : Marie Ouvrard
Photos : Pierre Bdn