En 2013 sur les bancs de Science Po, Marjolaine Grondin et Loïc Delmaire lancent une plateforme d’échanges de bons plans entre étudiants. Deux ans plus tard, Blackbird devient Jam, un chatbot qui te conseille 24h/24 pour trouver les bons plans sorties à Paris. Si tu veux boire une bonne bière ce soir mais changer du QG/PMU en bas du bureau, demande à l’IA de Jam. 

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Loïc et moi, on s’est rencontrés grâce à un ami commun qui étudiait dans la même école d’ingénieur que Loïc. Nous avons commencé à travailler tous les trois avec d’autres amis d’école et à la fin de nos études, nous  avons décidé de poursuivre l’aventure !

Que faisiez-vous avant de lancer Jam ?

On étudiait ! Aucun de nous deux n’a eu de job avant. J’ai fait quelques stages à Paris et à l’étranger, et Loïc a même eu le statut de stagiaire chez Jam pour remplir ses obligations de scolarité. Avant notre première levée de fonds, nous avons tous les deux été freelances – en tant que développeurs web ou Community Manager – en parallèle du développement de la société. Un an après la fin de nos études, nous avons commencé à nous verser un salaire et on a pu se consacrer 100% à ce projet.

Pendant nos études, nous avons lancé une plateforme d’échange de bons plans entre étudiants, au sein du campus de Sciences Po.

Comment avez-vous eu l’idée de lancer Jam ?

Jam est né d’un premier projet appelé Blackbird : l’idée était d’aider les jeunes à s’épanouir dans leur vie quotidienne. Pendant nos études, nous avons lancé une plateforme d’échange de bons plans – stages, logements, jobs – entre étudiants, au sein du campus de Sciences Po. Le projet a pris car nous passions beaucoup de temps à sourcer et poster du contenu nous-mêmes ; c’était la réelle valeur ajoutée de la plateforme, au-delà de l’aspect social et collaboratif. Avec ce premier projet, et après quatre mois d’accélération au NUMA (incubateur à Paris, ndlr), nous avons fait un pivot : deux ans de code, de design, de sueur jetés à la poubelle… pour tout reprendre à zéro ! Nous avons abandonné la plateforme car nous avons réalisé que les utilisateurs avaient déjà des outils pour communiquer au sein du campus et que c’était en discutant en direct avec nos utilisateurs, sur un chat, que nous pouvions le mieux résoudre leurs problèmes et répondre à leurs attentes.

Quelles ont été les premières étapes de ce second lancement ?

En 24h, nous avions résolu avec succès les problématiques des premiers utilisateurs du nouveau Jam : un bar où emmener leur date Tinder, une idée de cadeau pour leur maman, une salle de gym près de chez eux… Nous travaillions en équipe autour de la table, faisions des recherches et échangions par mail avec nos « utilisateurs ». Loïc collectait les problèmes que nous rencontrions mais aussi les bonnes pratiques que nous avions su mettre en place… et on a commencé à créer une nouvelle plateforme à partir de tous ces retours.
Avec cette nouvelle version, et en deux semaines, plus de 800 personnes nous ont envoyé leurs questions, par mail puis par SMS. Nous avons recruté au fur et à mesure des freelances qui répondaient aux questions que Jam recevait. Quelques mois plus tard nous ouvrions le canal Messenger (la messagerie de Facebook). C’était il y a deux ans. Depuis, nous avons fait progresser l’IA utilisée par Jam pour lancer notre version 100% automatisée en janvier 2017. Aujourd’hui nous sommes 100% basés sur Messenger et développons des fonctionnalités à partir de leurs outils.

Nous avons fait progresser l’IA utilisée par Jam pour lancer notre version 100% automatisée en janvier 2017.

Financièrement comment avez-vous lancé le projet ?

Nous avons réalisé plusieurs levées de fonds et testé plusieurs business modèles à mesure que Jam s’est développé. Aujourd’hui, le coeur de notre monétisation s’axe autour d’une offre de collecte de données. Très concrètement, nous proposons aux utilisateurs de répondre à des questions, sortes de sondages interactifs et conversationnels, au sein des échanges avec Jam. Il est très difficile pour les marques de recueillir des données réalistes surtout de la part des jeunes ! Tout est 100% anonyme et fait dans un environnement de confiance, et cela permet d’avoir des informations que les marques n’arrivent pas toujours à collecter via les méthodes classiques. Nous sommes aujourd’hui presque rentables, nous rémunérons notre équipe et accélérons la croissance grâce à nos clients et nos investisseurs.

Aujourd’hui, le coeur de notre monétisation s’axe autour d’une offre de collecte de données.

Quel est le futur envisagé pour Jam ?

Nous envisageons une prochaine levée de fonds dans quelques mois et allons recruter à partir de cet été : à la fois pour développer l’aspect technique mais aussi pour développer le contenu. Aussi, la prochaine grande étape c’est l’international : traduction en anglais, choix du premier pays ou de la première ville, et déploiement…On a hâte !

www.hellojam.fr

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Interview : Agathe Morelli
Photos : Jam