En 2006, Quentin, Arnaud et Paul lancent une page Facebook  pour rassembler les français autour d’un sport national : l’apéro. L’idée de La Fédération Française de l’Apéro : rassembler et bien se marrer. Très vite, la page atteint les 240 000 fans et la blague se transforme en business. Depuis, le trio a ouvert une supérette rue de Paradis à Paris, cherche toujours de nouveaux produits, développe le service de livraison et espère ouvrir d’autres FFA un peu partout en France, et dans l’espace. Elon Musk est sur le coup.

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Quentin : Avec Arnaud, on était ensemble au collège et Paul est un copain du grand frère d’Arnaud, fiancé à sa soeur. C’est un peu une histoire de famille finalement ! Avec Paul, on s’est rencontré quand je suis rentré du Canada, et on s’est tout de suite très bien entendu. On avait pas mal de valeurs communes et une envie entrepreneuriale très forte.

Que faisiez-vous avant de lancer la FFA ? 

Paul : J’étais et je suis toujours responsable du développement d’une société de production de télévision. J’aime beaucoup mon job. Il y a trois ans, j’ai monté un bar à vins dans le 11e arrondissement de Paris, Monsieur Matthieu, avec un copain d’enfance puis la FFA il y a un an avec Quentin et Arnaud. C’est très épanouissant d’entreprendre à côté de son activité principale. C’est une forme de loisir. Le week-end je ne fais pas de running mais des planches de charcuteries-fromages. C’est un bon équilibre de travailler pour soi à côté d’un emploi salarié.

Arnaud : Je travaille pour un groupe hôtelier depuis trois ans en tant que responsable de stratégies social media. Ces deux casquettes se complètent très bien. Au départ, mes connaissances acquises dans mon job m’ont servi pour développer la présence de la FFA sur les réseaux sociaux et aujourd’hui, ce que j’apprends à la FFA me sert tous les jours dans mon travail.

Quentin : Moi je revenais de quatre ans passés au Canada où je développais le business d’une marque de chocolat français. C’était une super expérience, je me suis vraiment éclaté ! Un super produit, une super équipe, beaucoup de liberté. Contrairement à pas mal de personnes qui s’ennuient dans leur boulot et pour qui entreprendre est une renaissance, moi c’était plus la suite logique de ce que je faisais auparavant. Aujourd’hui je me consacre entièrement à la FFA.

C’est très épanouissant d’entreprendre à côté de son activité principale. C’est une forme de loisir : le week-end je ne fais pas de running mais des planches de charcuteries-fromages.

D’où vous est venue l’idée de créer la Fédération Française de l’Apéritif (ou FFA) ?

Arnaud : En 2006, on a eu l’idée avec un ami de créer un groupe sur Facebook, un groupe de français ayant une passion commune : l’apéritif. On a créé le groupe de la Fédération Française de l’Apéritif pour se marrer et partager des photos d’apéros entre potes. Très vite, le groupe grossit et devient après quelques mois un des plus gros groupe de français sur Facebook avec, à son apogée, plus de 240 000 membres. Puis Facebook a supprimé les  »groupes » pour les remplacer par les « pages fans »…Il a fallu repartir de zéro mais on avait une réelle envie de redonner vie à cette grande communauté qu’on avait rassemblée un peu par hasard.

Quentin : On a aussi commencé à réfléchir à ce qu’on avait envie d’en faire. On est parti de notre propre besoin : quand tu fais tes courses pour l’apéro, c’est toujours une galère d’aller chez le charcutier, le caviste, le fromager…C’est long, parfois un peu cher et comme tu es pressé, tu finis toujours au supermarché du coin. Notre idée était donc de rassembler tous les bons produits au même endroit. On a commencé à chercher un local pour en faire un lieu de vie et pas seulement faire de la vente à emporter.

Paul : On a imaginé ce concept de « supérette apéritive », le « one stop shop » de l’apéritif. On aime bien ce terme de « supérette ». On ne voulait pas faire une épicerie fine avec des produits hors de prix et une déco trop épurée. Et puis, on travaille en direct avec les producteurs ce qui nous permet de pratiquer des tarifs abordables. Par ailleurs on essaie toujours de garder une forme de second degré dans notre approche.

On a créé le groupe de la Fédération Française de l’Apéritif pour se marrer et partager des photos d’apéros entre potes.  À son apogée, le groupe a compté plus de 240 000 membres.

Comment s’est passée l’ouverture de la supérette ?

Paul : Le recherche du local a été une étape clé. Chercher un local, c’est comme chercher un appart, c’est assez ingrat. Mais il ne faut pas se décourager, prendre le temps, et ne pas avoir la main qui tremble quand une bonne opportunité se présente.

Quentin : On a atterri dans la rue de Paradis un peu par hasard. J’avais visité vingt-cinq autres locaux avant, beaucoup d’endroits un peu foireux dans des coins pas très passants. Au début personne ne te prend au sérieux : les agents immobiliers, les fournisseurs d’équipements, les banques ! On a eu beaucoup de refus pour notre prêt alors qu’on ne demandait pas grand chose, qu’on avait un apport correct et un projet qui nous paraissait pas très risqué. Finalement, on s’est retrouvé dans un quartier avec une énergie très cool en pleine mutation et très cosmopolite. Ça correspondait bien avec ce qu’on avait envie de faire.

Un an après l’ouverture de la supérette, est-ce que la FFA est rémunératrice pour vous ?

Quentin : Non, mais on le savait d’avance. Mais comme je bosse à 200% sur le projet, je me verse un petit salaire, de quoi payer mon loyer. On a réussi à embaucher deux personnes en CDI pour bosser avec nous à la supérette.

Arnaud : Pour Paul et moi l’objectif n’est pas à court terme de vivre grâce à la FFA. Au départ, on s’est investi pour aider Quentin dans le projet car si c’est lui qui a investi le plus ; en temps et en euros ; il avait aussi besoin de personnes avec qui confronter idées et stratégies. On débat à trois et on se met d’accord ensemble mais côté finances, Quentin est décisionnaire.

Paul : On a atteint les objectifs financiers que l’on s’était fixés dès la première année et on a pu embaucher très rapidement. C’est vraiment génial que le concept ait pris aussi vite. Parfois on récupère les talons de jambon cru, c’est notre rémunération !

Quelle est le futur prévu pour la FFA ? Des idées encore plus folles en préparation ?

Quentin : On cherche toujours de nouveaux produits pour la vente physique et la vente en ligne, mais c’est un vrai challenge de trouver des produits français, artisanaux, bons, et à un prix raisonnable. En ce moment, on essaie de développer les produits dérivés ainsi que la livraison d’apéros aux entreprises dans tout Paris et communes limitrophes. Notre offre est assez sympa et ça change des traiteurs classiques ou du supermarché du coin. À moyen terme, on a des millions d’idées et de projets mais chaque chose en son temps !

Paul : On aimerait bien ouvrir de nouvelles boutiques, notamment en Province. Ce serait super que chaque région ait sa FFA avec un réseau de producteurs locaux et son identité propre. On aimerait bien aussi envoyer un saucisson dans l’espace en partenariat avec Elon Musk.

On aimerait bien ouvrir des nouvelles boutiques, notamment en Province. Ce serait super que chaque région ait sa FFA avec un réseau de producteurs locaux et son identité propre.

Aujourd’hui, quels sont vos besoins pour développer encore davantage le projet ?

Quentin : Comme tous les entrepreneurs, c’est surtout le temps et les moyens humains qui nous manquent. On a beaucoup d’idées et de projets mais pas assez de temps pour les mettre en marche. C’est assez frustrant mais petit à petit on avance. On a fêté le premier anniversaire de la FFA récemment et quand je vois ce qu’on a amélioré depuis l’ouverture, je me dis qu’on est sur la bonne voie, même si la route est encore très longue.

Paul : Je crois beaucoup en la FFA, je pense que l’on peut aller assez loin. Sans doute qu’Arnaud et moi allons nous impliquer de plus en plus au fur et à mesure du développement.

On a fêté le premier anniversaire de la FFA récemment et quand je vois ce qu’on a amélioré depuis l’ouverture, je me dis qu’on est sur la bonne voie, même si la route est encore très longue.

www.ffaperitif.com
facebook.com/ffaperitif

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Interview : Agathe Morelli
Crédit photo : Jour de Roy