Il y a encore un an, Charlotte et Nicolas travaillaient chez Sarenza. Mais en décembre 2016, ils quittent ensemble le navire pour se lancer en duo dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Ils créent alors PATiNE, une marque de vêtements éthique et responsable, le côté fun et décalé en plus. Faire des fringues sérieusement mais sans se prendre au sérieux.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Nicolas ?

Avec Nicolas, on s’est rencontrés chez Sarenza. Il s’occupait de l’expérience utilisateur et moi du marketing. Aujourd’hui, il est le pilote et gestionnaire de PATiNE et il s’occupe aussi du développement du site. Pendant que moi je m’occupe de la création des vêtements, de la direction artistique et de la communication. La stratégie et le développement, on l’assure à deux. Et puis, comme c’est le début de l’aventure,  on fait un peu tout ensemble !

Comme c’est le début de l’aventure,  on fait un peu tout ensemble !

Quand et comment est née l’idée de créer PATiNE ?

Je découpe les articles dans ELLE depuis mes 14 ans, le style m’a toujours passionné. J’avais déjà créé dix marques imaginaires sans jamais aller plus loin que dessiner la collection et remplir trois cents boards sur Pinterest… J’ai aussi lu tout ce qui existait sur les marques et créateurs que j’admirais, sans oser sauter le pas. Nicolas voulait lancer un projet qui ait du sens. Le souhait de faire des habits de qualité, qu’on ait envie d’user plutôt que de jeter, c’était une évidence pour nous deux. On a aussi vite vu qu’on pouvait passer des heures à en parler et qu’on avait mille idées, ça a été le déclic.

Quelle était l’ambition de départ ?

Faire une marque de mode au style cool et effortless, inspiré de mode US et de vintage des années 80/90. On voulait faire des vêtements confortables dans lesquels on se sent à l’aise et qui donnent un vrai bon style mais qui soient aussi des vêtements de qualité. L’envie de faire des vêtements comme on fait de bons plats : beaux, bien et bons, confectionnés avec de bons ingrédients naturels, en préservant les ressources et notre santé. Dans la mode, on est encore trop peu informés sur l’importance du “s’habiller bien” dans le sens « éthique ». Il faut que les marques se mettent à refaire les choses “à l’endroit” et expliquent leur démarche.

Pendant six mois, on a travaillé soirs et week-ends pour bien caler le projet.

Quelles ont été les premières étapes ?

Pendant six mois, on a travaillé soirs et week-ends pour bien caler le projet. Puis, il nous a encore fallu six autres mois pour créer la marque, le site et notre premier habit : le tee-shirt Willie.


Dès le tout début du projet, on a interviewé des gens sur leurs envies mode. Ça a commencé avec nos amis, puis leurs amis, puis des personnes qui suivaient nos stories Instagram. On a appelé ça #patinedansmondressing, le deal c’était : un latte soja en échange d’une heure de discussion. On a appris beaucoup de choses et on a adoré ces rencontres, alors on continue encore aujourd’hui au rythme d’une interview par semaine. On va d’ailleurs en faire une rubrique sur le site pour partager certains de ces échanges.
Une autre grande étape pour nous ça a aussi été le premier salon des Instapreneurs organisé à Paris en juin dernier. On a passé une journée géniale à rencontrer des gens enthousiastes et plus on racontait notre histoire et celle de la marque, plus ça devenait réel. Le soir même on avait doublé notre fan base. On était épuisés mais à bloc ! Le lendemain on a fait notre premier shooting et la semaine suivante, on a ouvert le site. Après des bons moments de solitude au coeur de l’hiver, c’était une récompense de dingue !

On a interviewé des gens sur leurs envies mode, on a appelé ça #patinedansmondressing.

Vous consacrez-vous à 100% àPATiNE ?

Oui, depuis décembre dernier et les journées sont très remplies ! On a l’impression qu’il n’y a pas de limite au temps et aux projets qu’on peut mettre en place. Ce qui est bien c’est qu’on apprend la patience avec la production car faire fabriquer une matière, faire des tests et des prototypes pour s’assurer de sa durabilité, réaliser ces prototypes…c’est super long ! Et pour faire bien, il ne faut pas aller trop vite.

Avec quels fonds avez-vous lancé la marque ?

On a créé PATiNE avec nos fonds propres. On a investi dans le développement du site, la marque, la recherche de matières et les prototypes. Et pour le lancement, on a proposé nos tee-shirts Willie en prévente. Cela nous a permis d’ajuster le stock par styles, couleurs et tailles au plus juste et de financer la première production.

Aujourd’hui, quels sont vos besoins pour développer encore plus le projet ?

On a très envie d’informer sur l’importance d’une mode eco-conscious, au-delà des ventes de nos propres habits. Cela passe par l’édition de contenu sur le sujet, si possible chouette et pas culpabilisant, qui donne envie d’être lu et de faire un peu plus attention à ce qu’on achète et à ce qu’on porte. Pour le moment, on produit ce contenu seuls mais on voudrait renforcer l’équipe avec un/une surdoué/e de l’écriture, photo, vidéo pour nous aider. Pour le reste il faudrait des bureaux, un showroom ouvert à tout le monde pour boire des cafés et essayer nos habits, un bon logisticien, un chef de produit pour lancer des nouveaux vêtements…Mais on est qu’au tout début de l’histoire !

Il nous faudrait des bureaux et un showroom ouvert à tout le monde pour boire des cafés et essayer nos habits…Mais on est qu’au tout début de l’histoire !

Quel est le futur prévu pour PATiNE ?

Construire peu à peu un vestiaire complet d’habits, organiser des pop-ups pour faire connaître le projet et faire aussi des collabs…Et avoir un jour un beau lieu à nous ? Ça, ce serait extraordinaire !

www.patine.fr

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Interview : Agathe Morelli
Photos : PATiNE