eric et quetin - copie

« On rigole mais il faut quand même rendre tous les soirs un truc qui tienne la route. »

Tous les soirs, ils enfilent un nouveau costume pour amuser la galerie du Petit Journal sur Canal Plus. Mais avant d’être faux flic ou faux Pape, Eric Metzger et Quentin Margot sont avant tout auteurs. Déjà presque 10 ans qu’ils grattent de la vanne pour les Guignols, Omar et Fred et Yann Barthès. Une histoire d’amour culottée à prendre au sérieux…

Qu’est-ce que vous vouliez faire quand vous étiez enfants ?

Quentin : Moi je voulais être ébéniste…
Eric : Moi, rien de précis, pas de désir particulier…

Je ne connais pas d’ « école d’auteur, » quelle est votre formation initiale ?

Quentin : J’ai fait une école de journalisme puis j’ai enchaîné les stages à Trace TV, M6 et Canal Plus.
Eric : Moi j’ai fait des études de lettres puis des stages en audiovisuel chez Nova, Oui FM et Canal Plus.

Vous avez tous les deux démarré à Canal Plus avec Bertrand Delaire (auteur pour Canal Plus). Comment l’avez-vous rencontré ?

Quentin : J’étais en stage pour une émission qui s’appelait +CLAIR à l’époque où Bertrand Delaire écrivait les textes de Daphné Roulier qui animait l’émission. Je suis allé le voir dans son bureau et je lui ai demandé ce qu’il faisait, il m’a expliqué qu’il était auteur. C’est à ce moment-là que j’ai appris qu’à la télé il y avait plein d’auteurs qui écrivaient les textes des animateurs. Je savais aussi qu’il y avait des auteurs aux Guignols, donc j’ai commencé à leur envoyer des textes pendant un an. A ce moment-là, Bertrand préparait le SAV d’Omar et Fred et m’a proposé de lui envoyer des textes en me disant que si ça leur plaisait et si le programme se faisait, je continuerais. Ça leur a plu et j’ai été auteur pendant 5 ans sur le SAV.

Eric : Moi c’était vraiment un hasard complet ! J’ai écrit une lettre à Canal Plus pendant mes études, ça leur a plu et comme ils n’avaient pas de poste à pourvoir, ils m’ont proposé un stage avec Bertrand puis m’ont engagé sur le SAV où j’ai rencontré Quentin.

J’ai vraiment découvert le métier d’auteur chez Canal ! Tout ce que je savais faire, c’était écrire.

Tu voulais déjà être auteur ?

Eric : Non, je ne savais pas quoi faire, j’ai vraiment découvert le métier d’auteur chez Canal ! Tout ce que je savais faire, c’était écrire. Le jour où j’ai eu une réponse de Canal et qu’ils m’ont proposé de venir dans leurs bureaux, j’étais tout impressionné…

Quand on envoie des textes aux Guignols ou des lettres à Canal Plus, on peut donc avoir des réponses ?

Quentin : Aux Guignols, ils sont très ouverts, ça n’est pas si compliqué de leur envoyer des textes. Après, ce sont de très bons auteurs donc c’est impressionnant, ça peut mettre un peu la pression. Au début il faut s’accrocher parce que quand tu écris 20 vannes on ne va pas toutes te les prendre. On va peut-être même t’en prendre seulement une, qui sera retravaillée. Ça t’apprend vraiment à ne pas avoir d’égo sur tes textes.

Comment se sont passés ces 5 ans de SAV avec Omar et Fred ? Vous écriviez déjà ensemble ?

Eric : Non, on n’écrivait pas ensemble, on travaillait chacun de notre côté. On était 5 auteurs : Omar, Fred, Bertrand et nous deux.

Quentin : C’était vraiment cool car tout était permis. Et en plus, quand Omar et Fred interprètent ta vanne, elle prend une autre dimension.

Du coup, à quel moment vous êtes-vous vraiment rencontrés ?

Quentin : En arrivant au Petit Journal. A l’époque, Laurent Bon, qui était le producteur de l’émission, cherchait des auteurs pour travailler avec Yann Barthès sur ses interventions.

Eric : Laurent m’a appelé en me disant que Bertrand avait donné mon nom et celui de Quentin pour ne pas faire de favoritisme. Plutôt que de jouer la concurrence, on a appelé Laurent en lui disant qu’on fonctionnait à deux et qu’on était un binôme, alors qu’on n’avait jamais vraiment travaillé ensemble ! En fait, c’était un mytho mais on était gênés de se retrouver dans cette situation alors qu’on s’appréciait, même si on ne se connaissait pas très bien.

Quentin : Finalement, ça a marché. On a vu Laurent, rencontré Yann, on a fait 15 jours d’essai et ça s’est bien passé.

Eric : Après, l’amitié est arrivée au fil du temps…

C’est une sorte de Lego intellectuel ! On rebondit sur ce que dit l’autre.

Comment vous travaillez ensemble ?

Eric : On se donne des idées et on discute. Par exemple aujourd’hui, c’est la sortie du film YSL, Quentin me dit : « C’est rigolo, c’est le deuxième film sur lui », je lui réponds : « On pourrait en faire d’autres », on part sur une comédie, puis sur de la science fiction…

Quentin : C’est une sorte de Lego intellectuel ! On rebondit sur ce que dit l’autre.

Eric : La difficulté c’est de parfois se détacher de son idée si l’autre n’accroche pas.

Quentin : En fin de compte, l’un optimise souvent l’idée de base de l’autre. C’est l’avantage d’être à deux, on n’est pas du tout en concurrence, au contraire.

Au Petit Journal, comment ça se passe ? Quel est votre quotidien ?

Eric : On arrive ici à 8h30 et on repart vers 19h30-20h. On arrive le matin, il faut vite trouver une idée pour la réunion de 9h30. A 10h on commence à écrire le texte pour qu’il soit terminé vers 11h et que l’équipe ait le temps de trouver des accessoires et des lieux. Le réalisateur découpe son texte et on commence à tourner à 13h. On a jusqu’à 16h pour ensuite passer au montage. Le sketch est visionné vers 17h30, ensuite on fait quelques modifs et on gère les derniers détails. Voilà !

On rigole mais il faut quand même rendre tous les soirs un truc qui tienne la route.

On peut avoir l’impression que vous écrivez des vannes et que c’est cool mais en fait c’est un gros rythme de travail ?

Quentin : C’est sûr que les gens n’imaginent pas le travail qu’il y a derrière. La remarque qu’on nous fait tout le temps c’est : « Dites donc, vous vous marrez bien toute la journée ! ». Ce qui est vrai, mais il y a aussi pas mal de stress.

Eric : On rigole mais il faut quand même rendre tous les soirs un truc qui tienne la route. C’est pas juste faire une blague au déjeuner avec ton pote, c’est un peu plus compliqué que ça.

Quentin : Il y a des mecs qui vont sûrement être meilleurs que nous sur le registre de la vanne, pendant 2 jours ; nous, le truc, c’est de tenir toute une année…

Eric : Aujourd’hui on est beaucoup plus réguliers qu’il y a 4 ans. On essaie vraiment de faire un truc bien tous les jours, même si parfois on n’a pas la bonne idée ou on se rend compte qu’on est partis sur un truc trop ambitieux ou pas assez… On n’est pas toujours satisfaits.

Vous avez des limites ?

Eric : On ne nous impose rien mais le but c’est de ne pas être méchants gratuitement. Il faut toujours qu’il y ait un fond, il doit y avoir une information derrière la blague et que ce soit signifiant.

Parution - Vanity Fair France
Parution – Vanity Fair France
Aujourd’hui, vous jouez vos propres sketches. Comment êtes-vous passés d’auteurs à interprètes ?

Quentin : C’est vraiment un concours de circonstances. On écrivait les sketches à la journée mais on n’avait pas le temps d’appeler des comédiens pour les interpréter donc on a commencé à le faire nous-mêmes. Le producteur Laurent Bon y croyait donc on a continué, même si au départ ça n’était pas du tout une volonté de notre part de faire de l’antenne. Nous, on se sent toujours auteurs et un jour on retournera sûrement à l’écriture seule. Et puis on n’est pas comédiens, jouer les trucs qu’on écrit ça va, mais jouer les textes d’un autre, c’est différent.

Eric : Là on vient de vivre une expérience cinématographique très courte mais c’était intéressant d’être dans d’autres conditions.

Quentin : On a tourné dans La véritable histoire de Robin des Bois qui sortira en Avril.

On a tourné dans La véritable histoire de Robin des Bois qui sortira en Avril.

Comment vous gérez cette nouvelle notoriété ?

Quentin : En général, quand les gens viennent te voir dans la rue pour prendre une photo c’est toujours positif. Si le mec trouve que tu fais de la merde il va plutôt te le dire sur Twitter !

Vous travaillez à l’écriture de spectacles ou de scénarios ?

Quentin : Oui, on bosse là-dessus, on aimerait bien écrire un scénario.

Eric : Et le spectacle, pour être honnête, on a déjà commencé à l’écrire. On a mis ça en stand by parce que le Petit Journal nous prend tout notre temps mais c’est dans les tiroirs !

Comment ça se passe tous les deux ?

Quentin : Sentimentalement c’est compliqué mais je ne sais pas si on peut en parler… (rires). Non, ça se passe très bien, on va boire des coups ensemble, on part en vacances ensemble !

Eric : On se laisse nos petites libertés aussi…

Quentin : Oui, Eric a parfaitement le droit de sortir le soir sans moi…

La page Facebook d’Eric & Quentin 

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