Carolina Ritzler - Carolinatz

« Je ne veux pas être heureuse que pendant les vacances ou les week-ends, je veux l’être tous les jours. »

Après avoir travaillé des années en tant que commerciale et fait 3 beaux enfants, Carolina s’est décidé à faire chaque jour ce pourquoi elle était faite : créer. Convaincue et convaincante, elle a plaqué son job pour lancer sa marque de combis Carolinaritz. Elle n’en n’est qu’au début de l’histoire, mais quand on rencontre Carolina on a aucun doute sur le fait qu’elle sera longue.

Qu’est-ce que tu voulais faire petite ?

Je voulais être comédienne, chanteuse, danseuse… J’adorais être sur scène. J’ai d’ailleurs présenté le Conservatoire national de chant où j’ai été prise. C’était mon essence de construire et créer des choses mais suivre un parcours dans cette branche n’était pas vraiment envisageable. J’ai fait ma scolarité dans un internat de bonnes sœurs où j’ai appris plein de choses mais ce n’était pas Fame !

J’avais accompli ce que je devais accomplir et à partir de ce moment-là, je pouvais véritablement être celle que je voulais être.

Quel a été ton parcours avant de fonder Carolina Ritz ?

Après mon bac, j’ai fait un BTS action commerciale puis une fac d’histoire et un BTS immobilier. Je me cherchais. D’une certaine manière, j’avais peut-être besoin de ça pour me construire. Finalement, j’ai rencontré mon mari et je suis devenue commerciale dans la mode d’abord chez IKKS puis chez Petit Bateau. J’ai eu deux enfants et c’est à la naissance du troisième que j’ai compris que j’avais besoin de me réaliser. J’avais accompli ce que je devais accomplir et à partir de ce moment, je pouvais véritablement être celle que je voulais être.

Carolina Ritzler - Carolinatz

Comment ça s’est concrétisé ?

Au départ, je n’avais pas l’idée précise de créer une marque, mais je ne pouvais pas rester sans m’exprimer. Il se trouve que j’avais un gros feeling avec les combi. C’est un vêtement qui est en adéquation avec la femme, féminine, un peu masculine, décalée. Aujourd’hui, une femme est multi-tâches, elle s’occupe de ses enfants, elle travaille, fait du sport, sort avec ses copines… Elle à besoin d’être à l’aise et féminine. Et je trouve qu’une femme en combi dégage un charisme fou. J’ai commencé à réfléchir à cette idée de marque mais je travaillais, je gérais 45 départements et 3 enfants.

On a conçu les premiers modèles via skype le soir en rentrant du boulot !

Quel a été le déclic ?

Quand les choses doivent arriver elles arrivent et le destin s’en mèle… Il se trouve que j’ai rencontré une amie chanteuse et quand je lui ai parlé des combinaisons elle m’a dit : « J’adore, je veux en porter sur scène ». Ça m’a vraiment donné un objectif.

Suite à ça il se trouve que lors d’un déplacement professionnel je suis tombée par hasard sur un fabricant qui a bien voulu m’aider à fabriquer mes premiers prototypes. A l’époque je n’avais pas un centime à mettre dans ce projet donc il a bien voulu me faire une avance. On a conçu les premiers modèles via Skype le soir en rentrant du boulot ! J’ai reçu les premières pièces, on a organisé un premier shooting, j’ai quitté mon job et tout a démarré.

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Se lancer dans cette aventure alors que tu avais une situation confortable et 3 enfants a dû être une décision difficile à prendre ?

C’est vrai que lancer une marque sans aucun moyen c’est compliqué. Mais j’étais tellement convaincue, je ne peux pas l’expliquer. J’étais sûre que ça allait marcher, au même titre que quand j’ai vu mon mari je savais que j’allais faire des enfants avec lui, c’était instinctif.

J’étais sûre que ça allait marcher, au même titre que quand j’ai vu mon mari je savais que j’allais faire des enfants avec lui, c’était instinctif.

Finalement, tu avais raison puisque tu as pu trouver les financements nécessaires…

Oui, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens qui ont cru en mon projet et qui m’ont soutenue. Les premières parutions presse m’ont permis de rapidement trouver des financiers qui m’accompagnent encore aujourd’hui dans le développement de la marque.

Comment as-tu vendu tes premières combi ?

Quand j’ai eu mes premières pièces, j’ai sollicité le Bon Marché et le concept store 66 sur les Champs Elysées. Même si la combinaison reste notre modèle phare et notre ADN, j’avais étoffé la collection avec d’autres vêtements pour raconter toute une histoire. Le jour de la présentation, je suis arrivée avec des modèles qui sortaient juste de l’atelier de production, je ne les avaient pas tous vus ! Quand j’ai enlevé les housses les larmes me sont montées aux yeux… Ils ont tout de suite été séduits et m’ont proposé un portant à l’étage luxe pour la saison entière. On a livré les boutiques en février et ça a tout de suite bien pris. Depuis c’est comme si je vivais dans un film…

Carolina Ritzler - Carolinatz

Comment ça a evolué ces derniers mois ?

Petit à petit la collection s’est approfondie et devient de mieux en mieux. La presse, les artistes, les investisseurs…tout le monde est emballé et je me fais de plus en plus confiance.

Je pense aussi que ce qui plaît est le fait que je travaille uniquement en suivant mon instinct et mes émotions, sans règle, sans cadre.

Quelles sont tes inspirations ?

Je travaille beaucoup à partir de photos et d’anciens modèles. Je ne suis pas nostalgique mais je trouve qu’on s’habillait mieux avant, avec plus d’âme, on assumait des looks forts, des coupes de cheveux… Ensuite, je pars de l’idée qu’aujourd’hui une femme n’est pas réduite à une vie, elle peut en avoir dix et donc avoir des envies différentes.

Je pense aussi que ce qui plaît est le fait que je travaille uniquement en suivant mon instinct et mes émotions, sans règle, sans cadre.

Carolina Ritzler - Carolinatz

Comment vis-tu cette aventure tout en gérant ta vie de famille ?

Tout se passe bien, c’est une vie à 2000 à l’heure ! Bien sûr, je vois un peu moins mes enfants qu’avant mais je m’assure toujours qu’ils soient bien gardés et leur papa est présent. On s’organise et on trouve des solutions pour que tout se passe au mieux pour tout le monde. D’ailleurs, je dois partir pour le spectacle de ma fille dans 10 minutes…

Je pense que dans la vie il y a un temps pour tout, et qu’au moment où on doit faire quelque chose on le sait, ça s’impose à nous.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui a envie de se lancer dans un projet ?

Je pense que dans la vie il y a un temps pour tout, et qu’au moment où on doit faire quelque chose on le sait, ça s’impose à nous. Quand tu sens que tu n’es plus à ta place, que tu te lèves le matin et que tu te couches le soir en te disant que c’était pas la journée que tu voulais passer, il faut changer quelque chose. Tout est possible et à la portée de tout le monde si on le décide. Moi je ne veux pas être heureuse que pendant les vacances ou les week-ends, je veux l’être tous les jours.

Carolina Ritzler - Carolinatz

www.carolinaritz.com

Interview & Photos : Marie Ouvrard