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C’est en passant d’un canapé à l’autre qu’Antonin Léonard a découvert le couchsurfing puis le co-working et enfin plus largement la consommation collaborative et l’économie de partage. Bien décidé à prêcher la bonne parole, il fonde en 2012 l’association OuiShare (et le festival du même nom) avec pour seule ambition : changer le monde. Tout simplement.

Même si j’aime bien l’idée, j’imagine que tu n’es pas né dans un camp de hippies. Où as-tu grandi ?

Je viens de Nancy. Mon père est prof de maths en école d’architecture et ma mère est psychologue scolaire. J’ai fait ma scolarité dans un collège qui ressemblait à une ZEP et où très jeune j’ai pris conscience des inégalités. Tout le monde n’avait pas la chance d’avoir des parents qui posent des limites ou qui sont simplement disponibles pour les aider à faire leurs devoirs à la maison…

Tu avais déjà des ambitions ou une idée de ce que tu voulais faire ?

Etant jeune, je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de l’ambition Par contre, je me souviens d’un ennui assez profond… Être ambitieux n’était pas forcément « une valeur » qui était véhiculée à la maison. Mes parents sont plus attachés aux moyens qu’aux fins. Ils ont plutôt cherché à me transmettre le goût de la musique ou du sport.

Et autour de 14 ans, j’ai commencé à m’intéresser à l’économie et au mouvement altermondialiste parce que dans ma famille, on a ce côté militant et activiste. Je lisais, je regardais les documentaires de Michael Moore…

Pourtant tu as fait le choix d’entrer en école de commerce, ça peut sembler paradoxal ?

Pour moi qui venais d’une famille de fonctionnaires, j’avais le sentiment que l’engagement pouvait passer par le biais d’entreprises privées. A chacun des entretiens que j’ai passés en école de commerce, j’ai parlé de commerce équitable. Tout le monde me disait : « C’est le truc que vous dites en entretien mais ça ne vous restera pas, tout le monde finit par l’oublier ».

Pour moi qui venais d’une famille de fonctionnaires, j’avais le sentiment que l’engagement pouvait passer par le biais d’entreprises privées.

Comment as-tu découvert la consommation collaborative ?

Pendant mes premières années en école de commerce, j’ai fait quelques allers-retours en Amérique du Sud. J’ai notamment voyagé au Brésil pendant un mois en faisant du couchsurfing. J’ai dormi chez une trentaine de brésiliens, ça m’a même permis d’apprendre à parler portugais. Puis j’ai suivi un cours sur les nouveaux modèles économiques de l’ère internet à Rio qui m’a définitivement convaincu que j’étais fait pour être entrepreneur. Quelques semaines plus tard, je suis parti à Barcelone où j’ai commencé mon mémoire sur Jamie Oliver, un grand cuisinier qui est aussi un entrepreneur social. Tout ça faisait son chemin jusqu’au jour où je suis tombé sur la conférence TED de Rachel Bostman qui parlait de la consommation collaborative. Je me suis dit : « Voilà un sujet inspirant sur lequel j’aimerais développer une expertise. »

L’interview intégrale d’Antonin Léonard est dans la revue ENCORE – numéro 1.

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Portfolio de Pierre Bdn à l’occasion du OuiShare Fest en juin 2015.

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Je pense qu’il est nécessaire aujourd’hui de se remettre en question de manière permanente sur la manière de faire évoluer le monde vers des choses qui nous importent, vers plus d’égalité et de justice sociale.

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Pour moi, les chefs de demain sont des animateurs, des gens agiles  qui ne se positionnent pas dans un rapport au pouvoir.

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Je dis toujours qu’il faut oser demander. Ce n’est pas facile parce que tu te mets en difficulté mais c’est ce qui fait la différence quand on veut développer des projets et entreprendre.

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© OuiShare Fest

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www.ouishare.net

L’interview intégrale d’Antonin Léonard est disponible dans la revue ENCORE.

www.clubencore.fr

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