BalibertAlice et Bertrand ont 26 et 28 ans. Une fois leurs études terminées, ils ont eu la bonne idée de lancer leur épicerie en ligne, Balibert. Après un road-trip 100% terroir à la rencontre des producteurs et l’ouverture d’une échoppe à Paris, ils ont encore plein de nouveaux projets. C’est beau et c’est bon. 

Comment vous êtes -vous rencontrés ?

Bertrand : On se connaît depuis très longtemps ! La première fois qu’on s’est rencontrés, on devait avoir 15 ans, j’étais un ami du frère d’Alice. Puis, on s’est revus à la fac et on est sortis ensemble. On est en couple depuis sept ans.

Quelles études avez-vous suivies ?

Bertrand : Je suis allé en fac d’éco pendant quatre ans à Toulouse, puis j’ai enchaîné avec un Master Innovation & Management des technologies à la Sorbonne.

Alice : Moi, j’ai fait éco-droit à la fac puis le même Master que Bertrand. On a fait notre dernière année à Paris ensemble.

 Je crois que j’ai voulu absolument tout faire !

Qu’est-ce que vous vouliez faire petits ?

Bertrand : Je crois que j’ai voulu absolument tout faire : opticien, pharmacien, et pendant très longtemps – cela m’arrive encore aujourd’hui – DJ !

Alice : Pour ma part, je n’avais pas vraiment d’idée précise, je voulais travailler dans le web. C’est pendant notre dernière année d’étude, en voyant tous les gens qui avaient monté leur boîte que ça m’a donné envie. Et pourquoi pas dans le domaine de la cuisine… A la fin de mes études, j’avais un blog qui s’appelait « La cuisine du moulin », au cas où on développerait quelque chose dans ce domaine.

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Une fois vos études terminées, vous avez tout de suite réfléchi à l’idée de monter votre projet ?

Alice : On cherchait du travail et en même temps on réfléchissait à différents projets, on avait plein d’idées.

Bertrand : On savait qu’on allait finir par monter quelque chose. En tout cas, j’y pensais déjà depuis le lycée… J’ai voulu créer une marque de tee-shirts mais je n’ai jamais été suffisamment convaincu… Il fallait trouver le bon projet. On aurait pu trouver un job mais c’était le moment idéal pour monter un projet. Si on se loupait, on ne perdait pas grand chose, et on apprendrait énormément. Si ça marchait, tant mieux !

On ne peut pas être plus en confiance qu’avec la personne avec qui on partage sa vie et qu’on connaît depuis longtemps.

Vous avez toujours envisagé de travailler ensemble ?

Alice : Oui, on savait que si on montait un truc, on le ferait ensemble. Sauf pour les tee-shirts, il ne pensait pas à moi ! (rires)

Bertrand : C’est vrai qu’au tout début, ça n’était pas forcément une évidence mais pour Balibert, ça c’est fait naturellement. On ne peut pas être plus en confiance qu’avec la personne avec qui on partage sa vie et qu’on connaît depuis longtemps. On est vraiment sur la même longueur d’ondes.

 

Comment vous est venue cette idée d’épicerie en ligne ?

Alice : En fait, c’est venu d’une saucisse sèche de canard qu’on rapportait à nos amis quand on allait chez le grand-père de Bertrand. A chaque fois, nos amis nous disaient tous : « C’est la meilleure qu’on ait jamais mangée ! » Il la faisait goûter à d’autres amis qui disaient la même chose, et on ne la trouvait même pas à Toulouse.

Bertrand : Un jour on s’est dit : «C’est quand même fou qu’on ne trouve pas un truc aussi bon sans aller jusque dans le fin fond de l’Aveyron, c’est dommage que le monde en soit privé. »

On a donc imaginé d’aller chercher des produits en régions, de les sélectionner et de les proposer sur Internet pour les rendre accessibles à tous.

Une fois l’idée trouvée, par quoi avez-vous commencé ?

Alice : On tout mis sur papier, on a fait un business plan et on en a parlé autour de nous pour savoir ce que les gens en pensaient.

Bertrand : Après, on a cherché un nom et on a fait la tournée des producteurs.

Alice : On avait pas mal avancé dans le projet mais on s’est dit qu’il fallait aller les voir pour savoir s’ils avaient envie de travailler avec nous. Si notre producteur de saucisse sèche n’était pas d’accord pour jouer le jeu, on était foutus !

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Vous vous êtes fait un road trip en France ?

Alice : Oui, on a commencé par les régions où on connaissait des gens qui parfois pouvaient nous conseiller. On a trouvé beaucoup de bons produits, on était super contents. Au retour, on a fait une dégustation avec nos familles et nos amis pour faire une première sélection et c’était assez concluant !

Bertrand : On est allés dans l’Aveyron, le Pays Basque, le Tarn, les Landes, le sud-est, le Gard et en Bourgogne. On a eu de super retours et même les petits producteurs nous ont très bien accueillis. Après la tournée, on s’est dit : « On y va à fond ! »

Balibert est un mix de vos deux prénoms, c’était une évidence ou vous avez mis du temps à trouver ce nom ?

Bertrand : Le nom, ça a été compliqué, je n’en pouvais plus !

Alice : Parfois on prenait des journées entières à se concentrer là-dessus sans faire autre chose… Quand on avait des idées, on les envoyait à nos amis ou à nos familles et on n’avait que des retours négatifs ! Donc on s’est dit qu’on allait arrêter de leur envoyer parce qu’on n’y arriverait jamais. Une amie nous a mis sur la piste du mélange des prénoms et on a trouvé Balibert.

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Le lancement d’un site demande quelques investissements, comment avez-vous démarré financièrement ?

Bertrand : On avait un peu d’argent de côté et Alice a eu l’idée de faire une cagnotte sur KissKissBankBank. Super idée puisque ça te permet d’avoir de l’argent, de tester le projet à fond et de créer une première communauté.

Alice : On demandait 3000 euros et on a récolté 3500 euros, un peu plus que prévu. Ça nous a permis de nous faire connaître plus rapidement, on a eu de bons retours et on a été encouragés. Ensuite, on a pu lancer la conception du logo et des packagings, financer les premiers stocks et Bertrand s’est mis à travailler sur le site Internet.

On a lancé le site en octobre 2013, pas longtemps avant Noël, et ça a bien marché, on était super contents.

Tu as développé le site Internet tout seul ?

Bertrand : Oui, j’en ai pas dormi pendant longtemps mais c’était super. En fait on voulait quelque chose d’assez minimaliste et un copain nous a dit : « Je travaille en agence, sur tel logiciel, je te montre.» Donc il m’a montré les bases et après je me suis éclaté.

Comment se sont passés les débuts ?

Bertrand : On a lancé le site en octobre 2013, pas longtemps avant Noël, et ça a bien marché, on était super contents.

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En mai, vous avez aussi ouvert une échoppe à Paris, dans le 10ème arrondissement, pourquoi avoir fait ce choix ?

Bertrand : Une fois passé le buzz du début, on s’est dit que soit on investissait dans le référencement et on restait sur le web, soit on investissait dans une petite boutique pour pouvoir rencontrer les gens et faire goûter nos produits…

Alice : Et on s’était aussi rendu compte que beaucoup de commandes étaient passées par des gens de Paris. Donc on regardait les annonces et on est tombés sur ce local un peu par hasard.

Bertrand : On était partis sur un truc simple, on ne voulait pas acheter de fonds de commerce pour lequel il aurait fallu lever des fonds. Mais on est tombés sur ce local où il n’y avait rien, on a fait des travaux et voilà ! On a ouvert en mai.

Alice : On organise déjà des apéros et on aimerait aussi proposer des dégustations avec les producteurs. On a plein d’idées !

Pour le moment, on doit faire quelques concessions mais on travaille sur quelque chose qu’on aime.

Vous ne regrettez pas de ne pas avoir trouvé un travail en entreprise ou monté une marque de tee-shirts ?

Bertrand : Avec les tee-shirts, ce serait la même galère, mais je le ferai ! On est contents de notre projet actuel, même si la route est encore longue… Ce n’est pas toujours facile, il faut persévérer. Mais bon, quand je suis découragé et que je me dis que je vais finir par trouver un boulot stable, 10 secondes après, je repars sur le truc. Je ne suis pas prêt d’abandonner. Nos études nous permettent d’envisager plein d’autres choses et d’aller plus loin. Pour le moment, on doit faire quelques concessions mais on travaille sur quelque chose qu’on aime, on se fait bien plaisir et on bosse pour que ça cartonne !

 

www.balibert.com

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